Louis XIV : Le roi est mort

L’existence de Louis XIV se résume à une succession de terribles maladies qui l’ont fait souffrir toute sa vie et dont il s’est accommodé tant bien que mal pour respecter au mieux le cérémonial implacable qu’il s’était imposé. Cette rigueur s’est vérifiée jusqu’à sa mort qui, comme il se doit, est publique. Véritable spectacle au sens étymologique, la mort du roi est une représentation théâtrale où chacun joue son rôle et regarde.

La dernière maladie de Louis XIV s’est déclenchée à Marly le 10 août 1715, date à laquelle il se plaint d’une « douleur de sciatique » à la jambe. Il se promène une dernière fois à Trianon le lendemain avant de rejoindre Versailles. Rapidement, le mal augmente et le souverain ne quitte plus le château. Il n’entend pas pour autant modifier son emploi du temps, même s’il écoute la messe dans son lit et qu’il continue à prendre ses repas en public. La situation est clairement identifiée comme critique à partir du 24 août et, dès le lendemain, il ne quitte plus son lit. Les médecins s’interrogent beaucoup sur cette maladie qu’ils ne comprennent pas. Il s’agit en fait d’une gangrène dont ils n’ont pas pris la mesure. Ils envisagent un temps de lui couper la jambe, mais le mal a trop progressé et il serait inutile de faire trop souffrir le roi, alors que l’issue fatale est déjà certaine.

Louis XIV en a bien conscience et, en bon roi chrétien, se prépare à mourir. Il rassemble sa famille et ses proches domestiques pour prodiguer les bonnes paroles de réconciliations et donner des recommandations que ce « pays-ci », la cour, écoute sagement comme au théâtre. L’acmé a lieu le 26 août lorsque le souverain fait venir le dauphin dans sa chambre à midi. Après avoir embrassé le futur Louis XV et l’avoir appelé « Mignon », il est l’heure de lui transmettre un dernier message qui, naturellement, se doit d’être historique. Il lui rappelle les obligations qu’il doit avoir envers Dieu, qu’il doit éviter le plus possible la guerre et soulager les peuples. Le dauphin ne doit pas non plus oublier la reconnaissance qu’il doit à sa gouvernante, la duchesse de Ventadour. Seul Saint-Simon, pour nuire à la mémoire du défunt, y ajoute les paroles fallacieuses selon lesquelles Louis XIV a eu un goût trop prononcé pour les Bâtiments.

Finalement, le souverain meurt un peu après huit heures du matin le dimanche 1er septembre 1715, à soixante-dix-sept ans moins quatre jours. Le cérémonial des funérailles, sous la houlette des services des premiers gentilshommes de la chambre et des Menus-Plaisirs, ces services en charge également des divertissements de la cour, se met alors en place. Le cadavre royal, qui subit une tripartition avec l’ablation des entrailles et du cœur du reste corps, est autopsié et embaumé avant d’être exposé dans une chambre de parade à Versailles. Mis dans un cercueil de plomb, il y reste du 2 au 9 septembre avant d’être transporté à la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France. Le cercueil, sous un catafalque, reste présenté jusqu’à l’enterrement le 23 octobre suivant. Tout le décor qui entoure la pompe funèbre depuis Versailles jusqu’à Saint-Denis, richement ouvragé, a été confectionné par les mêmes ouvriers que ceux des fêtes du règnes, n’hésitant pas à utiliser des remplois des grands divertissements. 

 

Le roi est mort
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Découvrez l’exposition Le Roi est mort au château de Versailles, jusqu’au 21 février 2016. Elle retrace les détails, étrangement peu connus, de la mort de Louis XIV, et à les mettre en regard avec celles des souverains européens de la Renaissance au siècle des Lumières. En accès libre, pour les visiteurs munis d’un billet, tous les jours, sauf les jours de fermeture du Château, de 9h à 17h30.

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Publié le - Mis à jour le 11-04-2017

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