Le service funèbre

La préparation

Le cercueil arrive à l’abbaye royale de Saint-Denis le 10 septembre, mais la grande cérémonie des obsèques ne se tient que le 23 octobre. Durant cet intervalle, le corps du roi est honoré dans la chapelle ardente qui a été entièrement reconstituée pour l’exposition Le Roi est mort au château de Versailles. Ces 42 jours sont mis à profit par l’administration des Menus-Plaisirs pour concevoir, réaliser et mettre en place un décor éphémère qui doit entièrement transformer l’église abbatiale (façade, nef et chœur) occultant son architecture gothique sous un apparat de style baroque. 
Le dessinateur de la chambre et du cabinet du roi Jean II Berain accorde tous ses soins au grand cénotaphe à l’italienne, de près de 30 mètres de haut, qui doit en être l’élément le plus spectaculaire.

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Reproduction scénograptique par Luigi Pizzi - ©Thomas Garnier
À son arrivée à Saint-Denis le 10 septembre, le corps du Roi a d’abord été déposé dans le chœur de l’église puis, du 27 septembre au 21 octobre, dans le chevet, pour laisser l’espace libre aux travaux d’aménagement des Menus-Plaisirs. 
Les parois de l'église sont tendues de noir avec des rangées d’écussons aux armes et au chiffre du Roi. Le cercueil est placé sur une estrade, couvert d’un drap de deuil noir croisé d’argent, sur lequel reposent la couronne, le sceptre et la main de justice. Quatre termes de squelettes soutiennent une grande couronne royale. Un dais à pentes enveloppe le tout. La Justice et la Force sont figurées en pleureuses.

A Saint-Denis 

Au nord de Paris, l’abbaye de Saint-Denis est, depuis ses origines paléochrétiennes, étroitement associée à la monarchie française. Depuis sa reconstruction au XIIe et XIIIe siècles, la plupart des rois y sont enterrés. Son trésor, accumulé durant des siècles, comprend, entre autres, les objets et ornements utilisés pour les sacres et les funérailles. 
L’office solennel donné pour Louis XIV le 23 octobre 1715 est peu documenté, la tradition française étant peu portée à conserver les pièces de deuil et le Régent peu enclin à faire graver les funérailles d’un oncle qui ne l’avait guère favorisé. 
Pour l’occasion, l’église est transformée en salle de spectacle avec des loges dans les tribunes du chœur, des tentures de deuil masquant l’architecture, des milliers de bougies éclairant le catafalque et l’autel. Après le placement des grands corps de l’État, du clergé et des princes, l’office, soutenu par la Musique du roi, se déroule durant 5 heures avec les temps forts de l’offertoire, des salutations, et de l’oraison funèbre. Extrait du mausolée, le cercueil est finalement conduit au caveau, les bannières inclinées, les insignes de chevalerie et de souveraineté déposés, et la formule « Le Roi est mort, Vive le Roi. » proclamée. 
De nombreux services ont lieu par la suite à Paris (notamment à Notre-Dame le 28 novembre et à la Sainte-Chapelle le 17 décembre), dans tout le royaume, et à l’étranger où les plus fastueux sont célébrés dans les possessions espagnoles, commandés par Philippe V pour honorer son grand-père.

 

Le roi est mort
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Découvrez l’exposition Le Roi est mort au château de Versailles, jusqu’au 21 février 2016. Elle retrace les détails, étrangement peu connus, de la mort de Louis XIV, et à les mettre en regard avec celles des souverains européens de la Renaissance au siècle des Lumières. En accès libre, pour les visiteurs munis d’un billet, tous les jours, sauf les jours de fermeture du Château, de 9h à 17h30.

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Publié le - Mis à jour le 25-01-2016

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