Versailles, lieu d'enseignement des sciences

L’époque moderne ne croit plus que les princes possèdent des qualités innées pour gouverner mais qu’ils doivent acquérir des savoirs qui les rendent universels. Dans la tradition de l’éducation princière, la religion et l’histoire dominent les apprentissages accompagnés par les arts de la guerre, la connaissance des hommes, la diplomatie.

Image Contenu

présentation des membres de l'Académie des sciences à Louis XIV
Carton de tapisserie pour une pièce non exécutée de
la suite de l'Histoire du Roy, tissée à la manufacture des Gobelins vers 1680
Henri Testelin (1616-1695) d'après Charles Le Brun (1619-1690)
Huile sur toileH. 348 cm ; l. 590 cm Versailles,
musée national des châteaux de Versailles et de Trianon,
© château de Versailles, Jean-Marc Manaï

Selon un emploi du temps très dense, le prince doit en outre acquérir l’éloquence ainsi que des comportements qui le distinguent des autres hommes tout en participant aux cérémonies curiales et monarchiques. Dans ses quelques récréations, le prince se délasse à des activités comme les mathématiques, la musique, la danse, l’escrime. En plus de savoirs fondés sur la mémoire comme l’histoire, de ceux fondés sur le raisonnement comme la logique, le prince développe son observation avec la science des espaces, la future géographie, la physionomie et la connaissance de la nature. En deux siècles, l’intérêt princier pour les sciences va devenir prédominant et Versailles, un lieu d’enseignement des sciences.

Les mathématiques

Les mathématiques, héritées d’une longue histoire d’enseignement depuis la Renaissance, comportent l’arithmétique, l’algèbre, la géométrie. Or les mathématiques pures sont peu représentées dans la mathématique des princes qui évite également la science du marchand (l’algèbre) pour pencher vers la philosophie (logique). L’arithmétique est réduite à peu de chose tandis que les mathématiques pratiques s’affirment avec la planimétrie et l’arpentage, la cartographie, l’hydrostatique, les globes et planétaires, l’optique, les fortifications et la balistique.

La géométrie qui est un savoir pratique, le savoir artisanal de l’arpenteur, utile pour l’astronomie, la triangulation et le nivellement, rejoint les arts nobles pour son apport dans l’art de la guerre.

Quant à la physique, longtemps incluse dans la démarche philosophique, elle spécule sur les caractères de la nature Physis en commentant à l’envi les textes latins de l’Antiquité : l’infini et le temps, la création de la terre et des planètes, l’astronomie, les éléments naturels, terrestres et célestes, les fluides, les flux, les mouvements et la mécanique, la gravité puis la résistance de l’air.

Le savoir scientifique est assuré par des savants et des académiciens venus ponctuellement de l’extérieur dès les 12 ans du prince. Les autres savoirs sont dispensés par le gouverneur et le précepteur du prince nommés pour la durée de l’éducation.

Les maîtres des Princes

Au début du XVIIe siècle, ce sont des artisans, des hommes férus de techniques qui montrent les sciences aux princes de façon occasionnelle. . À partir de 1666, les savants mis en présence des princes sont membres de l’Académie royale des Sciences. Beaucoup le seront après la réorganisation de 1699. C’est bien leur carrière d’académiciens des sciences qui les conduit à intervenir auprès des enfants princiers, alors que c’est le préceptorat princier qui ouvre les portes de l’Académie française aux maîtres permanents. Ils diffusent un savoir, une méthode, réalisent des expériences éprouvées avec des instruments déjà élaborés dont ils montrent le fonctionnement aux princes. Le destinataire qu’est le jeune prince a conduit le savant à adapter son savoir. Cette capacité d’adaptation, ces qualités d’éloquence et de clarté reconnues par le roi ont été un critère de son choix.

Trois périodes se succèdent dans l’enseignement princier des sciences.

  • À la suite du XVIe siècle, les connaissances techniques tiennent alors lieu de science. Le prince est l’arbitre des nouveautés techniques proposées par les inventeurs (automates mus par l’eau dans le jardin de Saint-Germain ou le cabinet de Nicolas Grollier de Servières, héritier de ces chambres des merveilles de la Renaissance).
  • Grâce aux réflexions du cercle de Richelieu, l’enseignement scientifique méthodique et théorique succède à l’ordre curieux. François de La Mothe Le Vayer, précepteur pressenti de Louis XIV, effectue un tri dans les connaissances nécessaires pour régner selon le principe de l’utilité qui s’affirme au milieu du XVIIe siècle.
  • Au début des années 1660, la science s’organise en utilisant les institutions politiques créées par la monarchie. Par conséquent, la pratique expérimentale se renforce, exigeant matériel et espace de plus en plus coûteux. La science s’invite dans l’éducation princière, utilise les lieux du savoir et les instruments de recherche de la monarchie.
En partenariat avec Château de Versailleschâteau de versailles

résidence officielle des rois de france, le château de versailles et ses jardins comptent parmi les plus illustres monuments du patrimoine mondial et constituent la plus complète réalisation de l'art français du XVIIe siècle.

Publié le - Mis à jour le 03-03-2016

Recommandations

Je t’accompagne dans
tes révisions du bac