Les résistances à l’humanisme pendant la Renaissance et le rôle de l’éducation

Le désir de connaissance et de renouveau de la pensée rencontre de fortes résistances dans une Europe très chrétienne. L’idée d’une réforme de l’Eglise n’est pas la seule à rencontrer opposition. Les procès en hérésie ou en sorcellerie sont nombreux.

En 1600, à Rome, le philosophe Giordano Bruno finira sur le bûcher comme « hérétique » pour avoir supposé la pluralité des mondes habités.

En pleine Renaissance, on imprime le Marteau des sorcières (1486), manuel d’inquisiteur dont on renouvellera l’édition pour former à la détection des maléficiers !

Voilà bien le monde dans lequel les humanistes pointent la pédagogie comme un terrain décisif, et Érasme insiste sur les vertus morales de l’instruction.

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Il Terzo Libro, traité d’architecture de Sebastiano Serlio, 1544 © Université de Heidelberg

 

Dans les Antibarbares il désigne la culture liée aux textes anciens comme à même de transformer des sauvages en personnes civilisées, de fabriquer l’honnête homme.

Changer l'enseignement

Étudier les langues, c’est pour les humanistes mettre fin à l’idée « surnaturelle » de leur diversité, au mythe de la tour de Babel. Ils critiquent les maîtres de la scolastique, philosophie développée et enseignée dans les universités. Ces derniers ignorent en effet  le grec, pratiquent un mauvais latin médiéval et ne possèdent que des traductions de seconde ou troisième main.

Les humanistes vont s’attacher à changer ce cadre d’enseignement mis en place par l’Église, et expérimentent un nouveau modèle basé sur les collèges, plus indépendants.

L’importance des collèges s’accroit et ce succès conduit des villes à en créer de nouveaux, totalement indépendants des universités, y attirant des enseignants réputés. Parallèlement, les progrès des travaux de traduction gagnent les universités, grâce à une bonne diffusion due aux imprimeurs et éditeurs.

L’Occident ne connaissait la Bible qu'à travers la Vulgate, transcription en latin de Saint Jérôme vers l’an 400. En 1516, Érasme publie à Bâle une version du Nouveau Testament avec texte original grec et traduction latine corrigée en regard.

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La Bible de Luther, 1534, conservée à la maison de Luther à Wittenberg (Allemagne) photo © Torsten Schleese

 

Ce nouvel établissement de sources servira de base à la plupart des traductions en langues vernaculaires d’Europe au XVIe siècle et donc à Luther pour sa fameuse traduction allemande des Évangiles de 1522. Pour les humanistes, la traduction permet la circulation des œuvres et des idées… Mais la hiérarchie de l’Eglise reprochera à Érasme et à sa version du Nouveau Testament d’avoir ouvert le chemin à la figure de la réforme protestante, Luther.

Publié le - Mis à jour le 14-06-2018