Comprendre les logiciels libres 2/2

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Quels sont les modèles économiques du logiciel libre ?

Le logiciel libre ne définit pas de modèle économique en lui-même. Ce n'est pas une question économique, c'est plutôt une question éthique.

  • Maintenant, le logiciel libre est tellement développé et facile, qu'il est très utilisé même dans des sociétés commerciales. On distingue deux types de logiciels libres. Il y a une grande fracture dans le logiciel libre au niveau du copyleft.
  • Le copyleft est le principe par lequel le logiciel libre conserve sa qualité de logiciel libre ou pas. Une fois qu'on le redistribue, on peut ou pas changer la licence. S'il est en copyleft, il doit garder sa nature libre.
  • S'il n'est pas en copyleft, il peut être utilisé à des fins commerciales. Et en pratique, toutes les licences BSD sont très utilisées au niveau commercial. On va les retrouver dans plein de logiciels, même dans des piles de systèmes propriétaires parce qu'elles ont été réutilisées. À partir de ce moment-là, on a juste à en faire la mention. On peut fournir les sources du logiciel original, mais on n'est pas obligé de fournir les modifications qu'on a faites ou même la façon dont on a intégré ce logiciel dans notre logiciel propriétaire. Cela, c'est une première partie. Cette existence-là permet à certaines sociétés de faire des économies de coût et de ne se concentrer que sur ce qu'elles vont apporter et pas sur des choses qui existent déjà. 
  • Le logiciel libre, quand il reste en copyleft, présente un intérêt, dans un modèle économique, pour toutes les sociétés qui font ce qu'on appelle du dual licensing. Elles vendent leur logiciel sous deux licences : une propriétaire qu'elle vende, sur lesquelles, elles font des marges. Sur lesquelles, elles vont faire d'autres choses. Souvent, elles ont des services associés : de la documentation, de la formation, etc. Donc c'est l'un des modèles du logiciel libre qui fonctionne.
  • Il y a eu un livre fait là-dessus par François Elie qui s'appelle "L'économie du logiciel libre" qui définit quatre modèles. Il y  définit deux de ces modèles comme étant stables et deux autres modèles plus instables.
  • Dans les modèles instables, il y en a un où les gens contribuent librement et améliorent le logiciel sans être rétribués. Et quelque part derrière, quelqu'un compile tout ce logiciel et le vend. Donc c'est un modèle qui est assez instable quand même. Alors, on a des modèles de fondations où plein de sociétés sont intéressées par un pot commun d'outils. Vous avez des grosses fondations comme les fondations Apache, les fondations Mozilla dans lesquelles on retrouve d'énormes compagnies qui injectent de l'argent pour le fonctionnement de la fondation et donc pour que les logiciels continuent à être maintenus.
  • Il y a beaucoup de développeurs en libre qui sont rémunérés pour faire du libre. Une grosse partie des développeurs sont actuellement salariés et contribuent. C'est une double façon utilisée par les entreprises : soit elles donnent de l'argent au libre ; soit elles mettent à disposition un développeur qui va travailler aussi sur le logiciel et donc ça rapporte un pot commun de connaissances et de logiciels à la communauté générale, on va dire presque à l'humanité. C'est le socle commun qui avance en libre. Et dessus chaque personne rajoute sa contribution et ce qui permet de le faire vivre. 
  • Dans le Cloud, un des fonctionnements, c'est que les utilisateurs finaux utilisent le service et n'utilisent pas directement le logiciel. Donc, on fait payer les utilisateurs finaux d'une façon directe ou indirecte, soit en prenant leurs données personnelles pour les revendre et faire de la publicité avec : ce sont des modèles à la Google. On peut aussi leur faire payer des services directement, à partir du moment, où le logiciel est libre pour les personnes qui l'installent sur leurs serveurs, pas pour l'utilisateur final. Dans le Cloud, il y a une pléthore de logiciels libres et cela n'empêche pas le commerce, le big business de fonctionner dessus.

Producteur : Inria

Auteur : Liliane Kahmsay / Florent Masseglia

Publié le - Mis à jour le 23-07-2019

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