La mémoire immunitaire par Jean-Claude Weill

Le mot des Académiciens

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Jean-Claude Weill, professeur d’immunologie, nous parle de la mémoire immunitaire.

 

Souvent quand on parle de mémoire immunitaire, on parle de vaccins. Le vaccin est quelque chose qu’on nous injecte quand nous sommes petit et qui est sensé nous protéger pendant toute la vie (au moins pour certains vaccins). Cela signifie donc que le corps a la mémoire de ce qui s’est passé pendant cette vaccination. Le corps s’en souvient puisque pendant des dizaines d’années ce vaccin vous protège.

Le corps est composé de centaines de milliards de cellules et un certain nombre de cellules du système immunitaire qui ont été activées et imprimées lors de la vaccination restent dans l’organisme (selon les vaccins 5 ou 10 ans ou plus) et lorsque que le pathogène va pénétrer à nouveau dans l’organisme, ces cellules vont agir immédiatement parce qu’elles ont à leur surface un anticorps, une « pince » qui va reconnaitre précisément cette bactérie. Elles sont donc activées et sécrètent une grande quantité d’anticorps dans le sang qui vont vous protéger.

La mémoire immunitaire est connue depuis l’antiquité. On avait remarqué que si une personne frappée par une maladie y survivait, il était ensuite protégé.  Par contre on n’en connaissait pas les mécanismes. A l’heure actuelle, la science ne connait pas encore les mécanismes moléculaires de la mémoire immunitaire.

Qu’est-ce que c’est que le programme génétique qui fait qu’une cellule normale devient d’une certaine façon immortelle ? Ces cellules à mémoire ne sont pas cancéreuses, elles ne sont pas sénescentes, elles ne sont pas vieillissantes et finalement elles meurent parce que l’individu qui les porte meurt. Ce sont des cellules normales immortelles.

En laboratoire, le modèle de la variole a été choisi. Cette maladie ayant disparu de la planète, on réalise des prélèvements dans la rate de personnes décédées porteuses du vaccin ( mais qui n’ont donc jamais été exposées directement à la maladie) et on isole quelques millions de cellules à mémoire contre la variole. On analyse le programme génétique de ces cellules afin de voir si ces cellules à mémoire, présentes depuis longtemps dans l’organisme, expriment un programme particulier. Si il est possible d’arriver à trouver une signature unique à ces cellules pour les vaccins les plus performants, il sera peut être possible d’améliorer les vaccins qui fonctionnent moins bien et surtout comprendre ce que c’est de générer des cellules normales qui ne deviennent ni cancéreuses et ni sénescentes. 

Réalisateur : Momoko Seto

Producteur : Académie des sciences / Ecce Films

Production : 2016

Publié le - Mis à jour le 16-05-2018

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