Le bois et les techniques

Le bois a servi depuis toujours à la fabrication d'outils, à la construction de l'habitat comme matériau d'ossature, voire de couverture, à l'ébénisterie et la parquetterie, à la contruction navale... Matériau noble, il garde toute son importance dans l'habitat traditionnel ou contemporain. Enfin, il constitue la matière première de l'industrie papetière qui exploite les qualités de ses fibres. Les différentes essences possèdent des qualités variées (dureté et autres propriétés mécaniques, couleur) à l'origine de leurs usages différenciés.

Le bois et les déchets végétaux issus de l'exploitation des forêts et de l'industrie du bois connaissent un regain d'intérêt car ils constituent des sources d'énergie renouvelable - à condition que les forêts soient gérées durablement. Si les cheminées gardent tout leur charme lors des soirées d'hiver, les chaudières à bois-énergie utilisent ces combustibles de façon plus efficace (meilleur rendement), que ce soit pour le chauffage ou la production d'eau chaude.

Quelques valeurs :
En moyenne, il vaut 3900 kWh par tonne (14 méga joules par kilo soit 3,4 méga calories par kilo) ce qui correspond à 1500 kWh par stère.
Pour obtenir le même pouvoir calorifique que 1000 L de fuel, il faut brûler 7 stères de bois.
1 stère = 0,147 tep (tonne d'équivalent pétrole)

Du bois pourquoi ?

Le saviez-vous ?

La qualité du son d'un instrument de musique dépend souvent du bois dont il est fait. Les flûtes à bec sont couramment en poirier ou en érable. L'ébène, plus stable, permet d'obtenir facilement un son de qualité constante. Le buis est très prisé pour sa sonorité, mais demande plus d'attention lors de la fabrication.

Les flûtes traversières, aujourd'hui faites de métal, étaient à l'origine en bois. En adaptant une embouchure en bois sur une flûte moderne on peut retrouver une sonorité proche de celle des flûtes anciennes.
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La sonorité d'un violon dépend principalement de sa table, faite d'épicéa séché pendant plus de dix ans. Le reste de l'instrument est le plus souvent en érable. Pour expliquer la sonorité inimitable des célèbres violons d'Antonio Stradivarius (1644-1737) on a émis de nombreuses hypothèses ; selon l'une d'elles, le bois d'épicéa de cette époque était plus léger et homogène que celui d'aujourd'hui car le climat de l'Europe était alors particulièrement froid, ce qui ralentissait la croissance des arbres.

 

A chacun son bois

 

Chaque essence d'arbre produit un bois différent, plus ou moins adapté à certains usages. Les caractéristiques importantes sont par exemple la densité, la dureté, l'élasticité, la siccité (taux d'humidité), la couleur, le grain et bien d'autres. Sans oublier le prix, qui dépend notamment de la provenance et de la vitesse de croissance de l'arbre.

Vous avez trouvé un morceau de balsa ? Ne vous fabriquez pas un fauteuil avec, il ne résisterait pas à votre poids et les vis ne tiendraient pas : ce bois est bien trop tendre. Construisez plutôt une maquette d'avion, son extrême légèreté fera merveille. Ou réservez-le pour l'isolation de vos murs.

Vous disposez d'une branche d'olivier ? Très dur et très dense, ce bois se polit magnifiquement. Faites-en donc une belle sculpture : non seulement elle résistera aux intempéries mais son odeur ajoutera au plaisir.

Et pour votre parquet ? Dans une chambre vous vous contenterez d'un bois peu résistant : épicéa, pin ou châtaigner, en harmonisant sa teinte à votre décor. Mais dans un lieu de passage il faudra investir dans un bois plus dense : hêtre, chêne, voire un bois exotique comme l'afzélia ou le merbeau. Ce dernier a de plus l'avantage de très peu "travailler" à l'humidité, l'idéal pour les pièces froides et humides.

Les bois légers et peu résistants, mais faciles à "dérouler" (découper en spirale pour obtenir une planche fine) sont mis sous forme de contreplaqué pour les renforcer tout en profitant de leurs autres qualités : pin, peuplier, bouleau, mais aussi okoumé, samba ou ilomba d'Afrique tropicale.

Enfin, voulez-vous savoir de quel bois je me chauffe ? De l'érable, car il brûle bien, produit beaucoup de chaleur, fait très peu d'étincelles et sent bon. Peu d'arbres regroupent toutes ces qualités !

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Bois et Vin : de vieux compagnons

Le tonneau et le vin ont une histoire commune vieille de 2 000 ans. L'amphore des Romains fût très rapidement délaissée au profit du tonneau des Gaulois. Non seulement ce dernier était plus facile à transporter, mais en plus il offrait une meilleure conservation du vin et influençait même son évolution.

De nos jours, le passage en fût de chêne est une étape centrale dans l'élevage des grands vins. Plusieurs raisons à cette préférence du bois au détriment de la cuve en acier :

  • Un fût n'est pas complètement étanche à l'air. Ainsi, le vin reçoit environ 30 cm3 d'oxygène par an. Or l'oxydation permet l'assouplissement des tanins et la stabilisation de la couleur du vin en favorisant certaines réactions chimiques (polymérisation). Il en résulte une augmentation de l'intensité colorante du vin ;
  • L'élevage en fût contribue à la baisse du degré alcoolique du vin (environ 0,3°/an) grâce à l'évaporation ;
  • Un fût accélère la clarification du vin car les fibres du bois retiennent les microparticules contenues dans le vin au début de son élevage ;
  • Enfin, le bois apporte de nouveaux tanins au vin. Il s'agit de composés phénoliques (tanins responsables de la saveur et de la couleur), comme la vanilline par exemple, qui renforcent l'astringence, l'amertume, la charpente et le volume du vin en bouche. Le passage en bois, en modifiant les caractères organoleptiques, donne des vins moins intenses et moins fruités mais plus charnus, plus ronds, plus longs en bouche et plus évolués. Il confère également au vin des odeurs phénoliques spécifiques au bois : vanille, noix de coco, oeillet, clou de girofle, cuir, fumée, réglisse ou encore café.

Mais la réussite de cette alliance magique repose sur la qualité du vin et celle du bois. Ainsi, il faudra utiliser un bois de chêne spécial, le merrain, et avoir pris soin de le laisser sécher à l'air pendant trois ans. Ensuite, il ne restera plus qu'à être vigilant et patient (l'élevage dure entre 6 et 24 mois) avant de déguster le délicieux nectar.

En partenariat avec CNRScnrs

le centre national de la recherche scientifique est un organisme public de recherche (etablissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche).

Publié le - Mis à jour le 14-10-2015

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