Pourquoi l'éléphant est-il menacé de disparition ?

Animaux en danger

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Comment sauver les éléphants ? 

Les éléphants font partie, avec les rhinocéros, les hippopotames et les girafes, des plus gros mammifères terrestres vivant de nos jours. L’Afrique compte environ 400 000 éléphants, dix fois plus que l’Asie. Outre qu’il a de plus grandes oreilles, l’éléphant d’Afrique est également plus grand que son homologue, l'éléphant asiatique. Haut de près de 4 mètres, il peut peser jusqu’à 7 tonnes. Sa trompe est indispensable à sa survie. C’est son nez, sa main et son bras. C’est ce qui lui permet de combler ses formidables besoins alimentaires en accédant à un maximum de ressources qui se trouvent dans son environnement.

Des êtres sociaux très unis

En Afrique du Sud, Audrey, une spécialiste des éléphants, est sur la piste d’un groupe d’éléphants. Elle cherche à les rejoindre grâce à leur collier GPS : « La raison de ma passion pour les éléphants vient de leur structure sociale que je trouve vraiment fascinante et leurs similitudes avec les humains. Les éléphants sont des êtres sociaux très unis. Ainsi, par exemple, une femelle qui naît dans un groupe d’éléphants va rester au sein de sa horde jusqu’à la fin de sa vie. »

L’éléphant vit en groupes constitués essentiellement de femelles et de jeunes éléphants. Une mère ne donne naissance à un jeune éléphanteau que tous les 4 ans. Elle porte son petit pendant 20 mois. Quand il naît il pèse déjà une centaine de kilos mais il ne devient adulte qu’à partir de 12 ans. La vie en groupe permet de protéger les jeunes éléphants des prédateurs, comme les lions, mais aussi de les éduquer.

Une mémoire intergénérationnelle

Audrey : « Les adultes jouent un rôle extrêmement important, ils sont les détenteurs d’un savoir acquis au fil des générations. Et ils transmettent ce savoir à la génération suivante. Cela peut être des choses simples : où trouver un point d’eau en période de sécheresse ? Quel type d’argile ou de terre riche en minéraux consommer ? » 

Signe qu’ils vivent en relative tranquillité dans ces immenses réserves : leur population a presque doublé en moins de 30 ans.

« Dans nos petites réserves, la mortalité est quasi nulle. Nous avons des points d’eau qui, grâce à des forages, sont toujours remplis, même en saison sèche. Rien ne vient entraver la croissance de la population. Ainsi, avec un périmètre fixe dans lequel la population continue à doubler, vous vous retrouvez à manquer d’espace et de ressource très rapidement. »

Audrey a mis en place une méthode innovante pour contrôler la croissance de la population. Il s’agit d’administrer un contraceptif temporaire sous forme de fléchette qui limite les naissances. « Lors des premières campagnes de contraception, on administrait le vaccin depuis le sol. On rejoignait les éléphants à l’aide d’un véhicule ou on s’approchait d’eux à pied. Aujourd’hui, on vaccine les populations à plus grande échelle, depuis les airs. On administre le même traitement par fléchette depuis un hélicoptère. On injecte le vaccin en marquant les individus avec une substance colorée qui reste visible sur le dos des éléphants. Ainsi, depuis l’hélico, on peut repérer les individus qui ont été traités et ceux qui ont encore besoin de l’être. »

Un écosystème fragile

Si la population des éléphants augmente dans les réserves, leur nombre en Afrique ne cesse de diminuer. Notamment en raison du braconnage, leur ivoire étant très convoité. Ils étaient plus d’un million en 1980, ils sont aujourd’hui deux fois moins nombreux. Leur conservation reste donc essentielle : « Les accompagner et partager leur quotidien est une expérience très émouvante. Et si nous réussissons à préserver leur organisation sociale et à protéger leurs réserves, nous donnerons un futur à toutes ces autres espèces qui dépendent d’eux dans leur écosystème. »

 

Le saviez-vous ?

Autrefois, les éléphants migraient librement. Un groupe pouvait rejoindre d'autres hardes à travers la foret. Il en résultait un brassage génétique indispensable à la pérennité de l'espèce. Peu à peu, ces groupes furent séparés par des routes, des barrages et des voies ferrées et par une urbanisation galopante. Séparés les uns des autres, ils ont cessé d'effectuer les migrations indispensables à leur espèce.

Réalisateur : Eric Ellena, Nicolas Bazeille et Paul-Aurélien Combre

Producteur : French Connection Films; France Télévisions; Les productions Megafun; CNRS images

Auteur : Eric Ellena,Nicolas Bazeille, et Guillaume de Ginestel

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 08-07-2019

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