Comment peut-on protéger les baleines ?

Animaux en danger

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Que mange la baleine ? 

Bonjour à tous, je voyage à travers le monde pour filmer des animaux en voie de disparition. Avec l’aide de scientifiques autour du globe, je cherche à trouver des solutions pour protéger ces animaux.

Aujourd’hui, nous allons au Canada découvrir le travail du scientifique Richard Sears, spécialiste des baleines et des rorquals. C’est dans le golfe du Saint Laurent, à l’Est du Québec, que le scientifique observe ces géants marins depuis 35 ans. Année après année, Richard a rassemblé quantité d’informations sur le comportement de ces baleines.

Mais, pourquoi viennent-elles ici si nombreuses dans le golfe du Saint Laurent à la fin de chaque été ? Et surtout, comment font-elles pour nourrir un corps qui peut atteindre les 170 tonnes dans le cas de la baleine bleue ?

Richard Sears :

"Il faut dire que les baleines vivent dans les océans donc elles sont supportées, si on peut dire d’une certaine manière, par l’eau. Elles peuvent manger des grandes quantités de nourriture quand elles la trouvent mais aussi d’avoir un gros volume comme ça ça les protège du froid qu’on peut trouver plus profondément dans les eaux. Donc il y a beaucoup de raisons pour lesquelles elles ont cette taille là et pourquoi elles survivent aussi c’est parce que la mer c’est un endroit idéal pour avoir une taille assez volumineuse."

"On sait qu’elles peuvent manger à peu près 4 tonnes de euphausiacés par jour mais ça ne veut pas dire que les animaux vont manger autant que ça tous les jours. Il y a des journées de repos, par exemple ici on a vu des rorquals à bosse qui s’alimentaient pendant 6 heures à la suite en surface et puis le lendemain on voyait les mêmes individus qui étaient au repos pendant presque autant de temps. Donc il ne faut pas penser que ce sont des machines qui mangent tous les jours forcément la quantité qu’elles pourraient manger dans une journée."

"Dans le golfe du Saint-Laurent, on a le courant du Labrador qui passe en profondeur le long de la côte nord et qui remonte près des îles ici. Et donc c’est ce mélange des eaux, très oxygénées en plus, qui fait qu’il y a un bain de nutriments qui sont propices pour le plancton et toute la chaîne alimentaire. Ça créé une situation dans l’écologie du Saint-Laurent qui permet à ces animaux de trouver ce dont ils ont besoin pour bien s’alimenter et puis survivre d’une année à l’autre. Ces animaux quand ils font l’échange d’air dans leurs poumons ils le font à peu près à 80-90% donc une des raisons pour lesquelles on voit une puissance de souffle. Pour le peu de temps qu’ils sont en surface, il faut vraiment que ce soit un échange efficace."

"Mais on a des outils, de plus en plus, qui nous permettent de voir ce qu’elles font en dessous de la surface, des balises spécialisées qui nous permettent de voir comment elles évoluent sous l’eau et puis aussi des balises qui nous permettent de voir où elles migrent, comment elles se dispersent dans un endroit comme le Saint-Laurent."

Richard Sears et son équipe ont collecté un grand nombre de données sur ces mammifères marins, en les photographiant et en réalisant des biopsies. Ils ont déjà répertorié plusieurs centaines de baleines et rorquals dans leur base de données.

Richard Sears :

"C’est vraiment la base la fondation de ce travail c’est d’avoir des catalogues de photos de chaque individu, chez le rorqual à bosse c’est la surface ventrale de la queue, chez le rorqual commun c’est le côté droit du corps, du flanc, et chez les bleus c’est les deux côtés de l’animal ou même s’il lève la queue aussi on prend la photo de la queue. Et puis c’est à travers les individus qu’on arrive à connaître plus sur l’espèce."

Les baleines peuvent vivre jusqu’à plus de 80 ans. Malgré leur taille imposante, ces animaux n’en restent pas moins vulnérables. Que peut-on faire pour les protéger ?

Richard Sears :

"Le moins de dégâts qu’on peut faire aux océans le mieux je veux dire, ça veut dire faire moins de bruit, mettre moins de fluides nocifs qui viennent des différentes villes et usines près du Saint-Laurent, arrêter d’user autant de plastique qui re-va dans le Saint-Laurent parce qu’on peut retrouver des fois chez les cétacés, comme chez les tortues, des sacs plastiques dans leurs systèmes alimentaires. Donc il y a… d’arrêter de prendre les océans pour des poubelles !"

Si les hommes ne réussissent pas à enrayer la pollution des océans et la chasse commerciale aux baleines, que pratiquent encore certains pays, ces majestueux animaux géants pourraient un jour venir à disparaître totalement de nos mers et océans.

Réalisateur : Eric Ellena, Nicolas Bazeille et Paul-Aurélien Combre

Producteur : French Connection Films; France Télévisions; Les productions Megafun; CNRS images

Auteur : Eric Ellena,Nicolas Bazeille, et Guillaume de Ginestel

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 06-12-2018

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