Comment les abeilles fabriquent-elles du miel ?

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Comment se fait la pollinisation ?

L'histoire de miel commence avec une histoire de sexe, celle des fleurs. Les fleurs se reproduisent de façon sexuée, comme les humains. Tout commence avec la rencontre du pollen, qui joue le rôle du spermatozoïde chez la fleur, et du pistil (système reproductif des fleurs), qui contient les ovules. Il faut que le pollen d'une plante entre en contact avec le pistil d'une autre plante. Mais comme les plantes ne peuvent pas se déplacer, il faut que quelqu'un ou quelque chose s'en charge. Certaines plantent comptent sur le vent, mais ce n'est pas très efficace. Les pollens voyagent de façon aléatoire et ils ont plus de chance de tomber par terre que sur un pistil. La pluplart des fleurs ont donc opté pour une autre solution. Elles s'arrangent pour que ce soit des insectes qui, sans s'en rendre compte, transportent des grains de pollen d'une plante à l'autre. Pour cela, elles rivalisent d'ingéniosité pour attirer les insectes dans leurs fleurs : couleurs vives des pétales, odeur parfumée et quoi de plus alléchant que du sucre... Tout au fond de la fleur, au pied des pétales, la plante sécrète le nectar, de l'eau très sucrée. Les insectes, comme par exemple les papillons, raffolent de ce nectar. Ils volent de fleurs en fleurs pour se nourir. À leur passage, des grains de pollen s'accrochent à leurs pattes poilues et se décrochent quelques fleurs plus loin. Non seulement le pollen voyage, mais il a en plus de fortes chances d'arriver sur le pistil d'une autre plante.

Le nectar, à la base du miel

Les abeilles font comme le papillon, sauf qu'elles n'avalent pas complètement le nectar. Elles le stockent dans un estomac spécial qu'on appelle le « jabot ». Dans le jabot commence la transformation chimique de nectar. Le sucre y est prédigéré comme dans notre estomac. Les sucres complexes, comme le saccharose, sont tranformés en sucres plus simples : le glucose et le fructose, directement assimilables par l'organisme dans le sang. Dans le jabot, le nectar est aussi asséché, ce qui augmente sa concentration en sucre. De retour à la ruche, l'abeille régurgite le nectar qui est ensuite réingurgité par d'autres abeilles afin de compléter le processus. Puis le nectar, qui est déjà quasiment du miel, est déversé dans les alvéoles de cire préparées par les bâtisseuses. Les abeilles ventileuses finissent d'assécher le miel. Dès que la teneur en eau descend sous les 20 %, les abeilles referment l'alvéole, et le miel peut être conservé pour servir de nourriture pendant l'hiver suivant. Et parfois plus longtemps : on dit que le miel trouvé dans les tombes des pharaons égyptiens était encore comestibles.

Quel travail représente un pot de miel pour une abeille ?

Le miel récolté par l'apiculteur a demandé beaucoup de travail aux abeilles. À chaque voyage, l'abeille peut ramener jusqu'à 70 milligrammes de nectar dans son jabot, qui donneront au final moins de 25 milligrammes de miel. Pour cela, l'abeille doit butiner 500 fleurs et parcourir parfois plusieurs kilomètres. Pour remplir un pot de 500 grammes de miel, il faut donc environ 20 000 voyages, pratiquement le tour de la Terre, et 10 millions de fleurs, soit 7 000 heures de travail. 

Pour en savoir plus, Bernhard Merz, du musée d'Histoire naturelle de Genève, nous en dit davantage sur le monde des abeilles et leur façon de produire le miel. Et alors qu'elles sont si importantes à notre écosystème, les abeilles disparaissent. Découvrez les causes de la disparition des abeilles.

Réalisateur : Maxime Beaugeois, Daniel Hennequin, Damien Deltombe

Producteur : UNISCIEL/Université Lille 1

Publié le - Mis à jour le 28-05-2019

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