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PV Nova explique en quoi écouter de la musique trop forte pour nuire à nos oreilles.

Est-ce que vous avez déjà entendu le meilleur chanteur du monde ?

Mais qu’on n’entend pas du tout ?

Eh oui, réussir à se faire entendre, c’est la condition n°1 quand on fait de la musique. Et ça fait plus de 2000 ans qu’on y travaille. Générique !

Dans l’Antiquité et au Moyen-Age, on compensait l’absence d’amplis et de micros par des constructions qui réverbéraient et amplifiaient le son, comme les théâtres antiques ou les églises. 

Ca restait quand même pas évident de se faire entendre d’un large public. Heureusement, en 1906, c’est l’invention de la lampe triode, qui permet l’amplification du signal électrique, et qui va mener, 20 ans plus tard, à l’invention du micro. Puis dans les années 30 c’est la guitare électrique qui fait son apparition, et là c’est le concours de qui jouera le plus fort. Les fabricants d’amplis en fabriquent des toujours plus puissants, surtout qu’à la fin des années 60 de gros festivals se développent, avec des milliers de spectateurs, alors il faut jouer encore plus fort !

Et en 1976 les Who sont désignés “Groupe jouant le plus fort au monde” : 125 décibels. Waouh ! C’est plus fort qu’un marteau piqueur qui serait à un mètre ! C’est plus fort que le seuil de la douleur qui est fixé à 120 décibels ! Quelle bonne idée ! Et c’est pour ça que plein de musiciens sont maintenant à moitié sourds !  

Phil Collins, Neil Young, Ozzy Osbourne, Eric Clapton, Chris Martin le chanteur de Coldplay, tous ces musiciens ont de gros problèmes auditifs à cause d’une écoute trop forte de la musique. Alors je vous en supplie, quand vous allez en concert, mettez-vous ça dans les oreilles.   

Et là je sais ce que vous allez me dire.

Ah pardon. Mais si en fait, y a carrément des risques.

Parce que oui, bien sûr, si vous écoutez de la musique sur votre chaîne Hi-fi, tranquillement assis dans votre salon, ok vous avez peu de risques de vous flinguer les oreilles. 

Mais c’est pas ça que vous faites, bande de petits coquins. Je le sais !

A partir des années 50, on a eu des radios dans les voitures. Dans les années 80, l’apparition du walkman fait que les gens écoutent de la musique partout, même dans des ambiances très bruyantes. Sans parler de ceux qui, de nos jours, écoutent de la musique sur leur portable, dans le métro.

Dans ces conditions sonores un peu compliquées, la musique qui va retenir l’attention de l’auditeur, la station de radio que vous allez choisir, le morceau que vous allez préférer dans une playlist, ben… souvent c’est tout simplement celle que vous entendez le mieux, la plus forte auditivement.

Alors sans surprise, les producteurs de musique, depuis quelques dizaines d’années, augmentent le volume des morceaux qu’ils produisent.

Regardez. Là c’est un titre des Beatles, d’abord la version CD de 1983. Puis la réédition de 1987. 1993. Et 2000.

Je suis impatient d’entendre la version de 2060. 

C’est ce que les spécialistes appellent : la guerre du volume. 

Exactement. Et là je sais ce que vous allez me dire.

Deuxième PV, rentrant par le fond : Bah si les producteurs montent le son des morceaux, moi j’ai juste à le baisser, hein, ça va, je sais me servir de la touche volume…

PV : Sauf que… c’est pas si simple, et je vais vous le montrer sur un de mes titres. 

Parce que oui, je compose un petit peu, voilà. N’hésitez pas à acheter mes albums. 

Ça, c’est le titre tel qu’il aurait été mixé dans les années 60. Vous voyez, il y a ce qu’on appelle une grosse dynamique, c’est-à-dire qu’il y a un gros écart entre les volumes les plus faibles et ceux plus forts, comme les coups de caisse claire.

Le problème, c’est que dans un environnement bruyant, les sons les plus faibles, vous allez pas les entendre. Alors on va monter le volume. 

Sauf que si on augmente tout, on va se retrouver avec des pics de volume qui dépassent et qui saturent. Heureusement, dès les années 30, on a su utiliser la compression, qui va permettre de tout ramener plus au moins au même niveau.  

Y a des artistes qui ont un peu abusé de la compression. Ça c’est l’album Death Magnetic de Metallica. Tout a tellement été ramené au même niveau qu’il n’y a plus aucun relief, et la plupart des fans préfèrent la version qu’on trouve sur Guitar Hero qui a été beaucoup moins compressée. Chelou, quand même ! 

D’ailleurs, si on diminue le volume de mon titre sur lequel on a appliqué de la compression on voit tout de suite qu’il n’y a plus aucune dynamique. Ce qui fait qu’on est obligés de l’écouter super fort pour ressentir quelque chose ! Yes ! 

Bref, j’espère que vous avez mieux compris ce qu’était la guerre du volume. Je vais me répéter un peu mais prenez soin de vos oreilles, n’écoutez pas trop fort dans vos écouteurs, mettez des protections quand vous assistez au concert.

Parce qu’une fois que vous serez sourds, vous pourrez plus écouter de musique, et vous pourrez plus acheter mes albums. Et ça c’est triste. 

Allez tout le monde, je vous dis à la prochaine, ciao !

Réalisateur : Nicolas Beguet

Producteur : France Télévisions; Goldenia studios

Auteur : Benjamin Valière; PV NOVA

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 16-04-2019

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