Rameau, une profusion de formes

À la suite de Lully et en marge du succès européen de l’opéra italien, qui, lui, valorise les possibilités expressives et virtuoses de la voix chantée, l’opéra à la française s’épanouit jusqu’à Jean-Philippe Rameau, qui en déploie les multiples facettes. Il signe des tragédies lyriques (Hippolyte et Aricie, 1733 ; Castor et Pollux, 1737 ; Dardanus, 1739) et, dans un registre plus léger, plusieurs pastorales héroïques (Zaïs, 1748 ; Acanthe et Céphise, 1751). Il crée ce qu’on appelle des opéras-ballets (Les Indes galantes, 1735 ; Les Fêtes d’Hébé, 1739), qui ont la particularité de réunir plusieurs intrigues indépendantes (une par acte ou « entrée ») autour d’un thème commun. On lui doit aussi des actes de ballet, ouvrages plus courts (Anacréon, Zéphyre, Pygmalion), et un ballet héroïque, Platée (1745), qui fait intervenir des dieux mais dans un récit burlesque : une nymphe des marécages – autant dire une grenouille – s’éprend du dieu Jupiter…

Toutes ces variations opératiques ont en commun l’importance accordée à la déclamation – c’est la tradition française du récitatif très chanté, infléchie par Rameau, adepte d’un chant orné plus italianisant – et aux airs de ballet, gavotte, menuet, rigaudon, gigue, tambourin, musette…, intégrés dans le déroulement d’une action qui, pour satisfaire le goût du public pour le merveilleux, ne ménage pas les fastes de la mise en scène (machines, changements de décors, costumes).

Retrouvez le dossier complet dans le n°8 de L’Éléphant, la revue de culture générale, octobre 2014.

Publié le - Mis à jour le 14-02-2019

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