Les chorales scolaires

Chorale scolaire : le champ des possibles

Spécialiste du jazz vocal, pianiste, compositeur, arrangeur et chef de chœur, Pierre-Gérard Verny est chargé de mission "chant choral" pour l'académie de Créteil.

Quels sont les principaux apports d'une chorale scolaire ?

Il faut d'abord poser un préalable : même si elle regroupe des élèves volontaires, en dehors de leurs heures de cours, la chorale doit être considérée comme un véritable enseignement. Elle doit, bien sûr, représenter une situation de plaisir. Mais elle n'est pas un simple moment récréatif. À partir de là, elle va permettre d'instaurer une communion entre les élèves, la constitution d'un vrai groupe, autour d'un objectif et d'un projet communs. Elle permet de libérer la personnalité d'enfants qui peuvent être renfermés dans telle ou telle situation...

De plus, on amène les enfants sur scène, on les fait chanter dans de vraies salles de spectacle, devant un public... Ces expériences resteront gravées dans la mémoire de la plupart d'entre eux.

Sur un plan plus strictement musical, quels domaines spécifiques le chant choral permet-il de travailler ?

Une chorale véritablement dirigée permettra de travailler la justesse et la qualité vocale, d'apprendre à partir et à s'arrêter tous en même temps. Elle enseigne donc d'abord l'écoute, en particulier lorsque l'on travaille en polyphonie. Il faut alors en effet savoir à la fois chanter et écouter les autres. La chorale ne se compose pas d'une addition d'individualités, c'est un ensemble homogène. Or chanter une note et en entendre une autre, c'est difficile !

Lorsque vous allez à la rencontre des enseignants, quels conseils leur donnez-vous ?

Je suis justement en pleine tournée des classes, en ce moment ! LA difficulté à laquelle sont confrontés les enseignants, c'est de faire sortir l'énergie du corps des enfants. C'est pourtant là que réside le secret d'une chorale qui « envoie » et en impose. Pour un chef de chœur, il s'agit d'une performance extrêmement physique, qui passe par le geste, la parole, l'attitude... Même s'ils sont professeurs d'éducation musicale et chant choral, il leur manque souvent la précision des départs, la direction avec anticipation pour conserver toute l'énergie, les coupures nettes et ensemble, le maintien des sons en fin de phrase...

Certains types d'œuvres doivent-ils être privilégiés ?

Absolument pas. En revanche, que vous travailliez sur un gospel, le requiem de Mozart ou un morceau d'Amel Bent, l'exigence musicale doit toujours être la même. Il n'y a pas de grande ou de petite musique. Il y a une bonne et une belle interprétation ou une interprétation ratée. On peut réussir quelque chose de magnifique avec une chanson de variété actuelle, travailler sur le son, ajouter une deuxième voix..., et plomber complètement un passage de la 9e symphonie de Beethoven !

Certaines œuvres seront cependant plus faciles à aborder que d'autres, et il faut tenir compte des capacités des enfants. En même temps, il est important de diversifier le répertoire, de profiter de la chorale pour leur ouvrir l'esprit et les amener à découvrir des univers qu'ils ne connaissent pas. Vous intervenez dans une académie réputée difficile.

Une chorale scolaire peut-elle s'adresser à des élèves en limite de rupture ?

Bien sûr. La chorale est un véritable outil de socialisation et d'épanouissement de l'enfant. Par le passé, j'ai dirigé, avec quatre profs de musique et un instit, une centaine d'enfants qui ont chanté La Marseillaise et l'hymne des Iles Samoa, sur la pelouse du Stade de France, en ouverture d'un match de rugby France-Samoa. Tous les élèves étaient issus d'établissements difficiles de Seine-Saint-Denis. Nous avons eu vis-à-vis d'eux la même exigence que celle que nous aurions eue avec des professionnels. Mais c'était une façon de les respecter pour tirer le meilleur d'eux-mêmes et l'améliorer encore. Et plus l'exigence est grande, plus le plaisir ressenti par les élèves est intense.

Définition et objectifs

Prolongement naturel des cours d'éducation musicale, la chorale concerne tous les niveaux d'enseignement, de l'école élémentaire au baccalauréat. Une heure par semaine, hors temps scolaire, les élèves volontaires travaillent ensemble leur voix et leurs gestes, répètent les œuvres et préparent avec leurs enseignants les concerts qu’ils présentent en fin d’année.

Publié le - Mis à jour le 17-04-2019

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