Vivre en bon chrétien au Moyen Âge

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La Gueule des Enfers,
enluminure du Maître de la Cité des Dames, début XVe siècle
© BnF

Le Moyen Âge occidental vit sous le ciment moral de la chrétienté. De la ville à la campagne, du seigneur au serf, il soude la vie intime de tous. Les clercs de l’Église, très nombreux, sont à eux seuls l’un des trois ordres sociaux : les Oratores (ceux qui prient). À côté du clergé séculier vivant parmi la population, le clergé régulier vit selon la règle d’un ordre monastique. Les ordres de moines sont à la fois des microcosmes tournés vers la vie spirituelle et des « formateurs » des modes de vie séculiers : théologiens et clercs sont formés dans ces structures, mais aussi des hommes de science, des médecins, des artistes.

Prier pour Gagner son salut

« Vivre en bon chrétien », c’est songer à une vie après la mort, pour laquelle on doit gagner son salut près de Dieu, viser le règne de la vie éternelle, et donc respecter les enseignements de l'Église pendant la vie terrestre : prier Dieu chaque jour, assister à la messe, communier à Pâques. Faire l’aumône aux pauvres, des dons à l’Église, partir en pèlerinage, peut permettre aussi d’obtenir le pardon de ses fautes.

De nombreux pèlerins gagnent les lieux abritant des reliques de saints, se rendent à Rome sur le tombeau de Saint Pierre, à Jérusalem sur celui du Christ, à Saint-Jacques de Compostelle. Les rituels pèlerins se multiplient, en même temps que les saints et de nouvelles découvertes de leurs reliques : contexte de célébration de miracles, de prodiges, de dévotion. La vie ordinaire du chrétien est scandée par les célébrations religieuses qui en « sacrent » les étapes : baptême, mariage, funérailles (le sacrement de l’extrême-onction). L’année est rythmée par des fêtes religieuses, dont les deux pôles de Noël et de Pâques. Le calendrier liturgique se tresse finement entre calendrier des saisons et calendrier agricole. Les villages sont regroupés en paroisses, avec leur église, leur curé, leur cimetière.

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La Collégiale Saint-Ours de Loches (Touraine) XIIe siècle- © DR

Les chrétiens vivent dans la conscience d'une appartenance à un ensemble humain et moral, dont on doit éviter d’être exclu : ne pas vivre en état d’hérésie, ne pas risquer l’excommunication. Cette vision du monde modèle le comportement des individus : omniprésence du péché, enfer pensé comme une souffrance concrète après la mort. L’idée que la vie terrestre est le règne de l’imperfection, des inégalités, des péchés et des fautes, amène à côtoyer la mort comme une présence naturelle et familière. La grande faucheuse, qui rôde si souvent avec épidémies, guerres et famines, saura mettre fin aux maladies, à la pauvreté, aux affres de la vieillesse.

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Publié le - Mis à jour le 20-06-2018

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