Le système féodal et la notion de vassalité

Dans ce monde essentiellement rural où la lenteur et la complexité des communications favorisent l'autorité locale, où aucune unité monétaire ne rend possible un échange à distance, les services entre personnes, rapprochées ou éloignées, ont pour monnaie d'échange la cession ou le prêt d'un bien foncier.

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Raymond de Mondragon reçoit l'hommage d'un de ses vassaux,
matrice du sceau de Raymond de Mondragon, XIIIe siècle © BnF

C’est donc la monnaie des fiefs, dont est tiré le mot féodal, qui sera la base de ce système. Mais qui échange ? Ceux qui possèdent évidemment, donc une élite de possesseurs fonciers, qui sont l’image locale des restes de l’autorité publique, et qui ont, sur les terres d’une seigneurie, droit de commander, juger, punir. À destination de cette classe de seigneurs, et aux fins indispensables de régler leur cohabitation pacifique, vont s’établir une série de coutumes féodales, dont la première, qui doit fixer les hiérarchies entre eux, est la notion de vassalité. Elle s’est formée en liaison avec la codification des liens de dépendance entre les hommes, eux-mêmes légalisés petit à petit à travers les systèmes de compagnonnage des guerriers et les notions de « services de guerre ».

Les liens vassaliques

Tout conflue ainsi vers des valeurs de « recommandation » et de « protection ». Elles se concrétisent dans un engagement solennel. C’est la cérémonie de l’hommage, par laquelle se nouent les liens entre le vassal et son seigneur : le suzerain.Le seigneur (du latin senior : le plus vieux) reçoit le serment de fidélité de celui qui devient alors « son homme » et qui s’agenouille devant lui, nu-tête et sans armes, les deux mains jointes placées au cœur des siennes. Le seigneur relève le vassal et l’embrasse, rétablissant l’égalité ; puis, s’il y a lieu, il l’investit de son fief, auquel cas le vassal devient le feudataire de son seigneur. Le serment et le lien noués ont d’abord pour fonction de garantir entre les deux protagonistes paix et sécurité, ce qui est essentiel dans le contexte médiéval d’une société de rivalités et de violence. Il y a ensuite obligation pour le vassal, qui d’abord ne doit pas nuire au suzerain, de fournir au seigneur l’aide (auxilium) et le conseil (consilium). Aider ce sera surtout prêter main-forte par les armes, s’il le faut… Le conseil, c’est s’obliger à se rendre auprès du seigneur lors des convocations de la cour, qu’il doit consulter pour toute décision d’importance. La réciprocité du serment de l’hommage est totale : le seigneur doit la pareille à son vassal. Si l’un des deux manque à ses obligations, il est en état de félonie. Elle entraîne alors du partenaire la réaction de défi(rupture de la foi en l’autre). Si la félonie vient du vassal, le suzerain peut faire prononcer la commise, qui lui confisque le fief, et la faire appliquer par la force. Dans ces liens de vassalité, un vassal d’un grand seigneur peut très bien à son tour être le suzerain d’un seigneur plus « petit » que lui… Ainsi, on a dans l’absolu une pyramide sociale allant du roi aux grands seigneurs, puis vers des seigneurs locaux, lesquels ont des vassaux, puis des arrière-vassaux. C’est en principe cette superposition des serments qui forme l’édifice féodal.

 

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Publié le - Mis à jour le 07-05-2018

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