L'Europe des dynasties royales

Les grandes monarchies dynastiques sont nées dans le Haut Moyen Âge (entre le Ve siècle et le Xe siècle), à partir de multiples clans et petits royaumes, issus des peuplades installées en Europe occidentale et laissées à elles-mêmes lors de l'écroulement de l'Empire romain d'occident.

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Fleurs de lys et léopards dans le poinçon de l’abbaye de Westminster,
où les rois d’Angleterre sont couronnés depuis Guillaume le Conquérant.
Poinçon tiré d’un livre de prières de 1683.

Ainsi, c’est la maison de Wessex, aux origines saxonnes, qui unifie l’Angleterre contre les Vikings puis contre les Danois. A cette première dynastie, succède la dynastie de Normandie : Guillaume le Conquérant, puissant duc de Normandie et à ce titre vassal du roi de France, s’empare de la couronne d’Angleterre après sa victoire à la bataille d’Hastings en 1066. Elle règnera tout au long du Moyen Âge, les dynasties des Plantagenêts, puis de Lancastre en étant des branches. Ce n’est qu’après une longue période où dominent les Vikings que le royaume de Suède s’unifie entre le Xe et le XIIe siècle, sous la dynastie de Munsö, puis celle de Stenkil. L’Espagne, sous l’emprise de plusieurs peuples barbares venus d'Europe centrale et d'Asie durant le Haut Moyen Âge, voit l’un d’entre eux la dominer au VIe siècle, avec la dynastie des Wisigoths qui s’étend alors sur l’essentiel de la péninsule ibérique, le sud et le sud-ouest de la Gaule. L’invasion des Berbères conduite par la dynastie des Omeyyades, en 711, ouvre une période d’instabilité et de division pour le reste du Moyen Âge, le sud de l’Espagne étant divisé en taîfa, petits royaumes musulmans.

Le Saint Empire germanique, issu du partage de l’empire carolingien lors du traité de Verdun en 843, glissera au fil des successions à la dynastie de Saxe, une branche des Ottoniens, puis en 1024, pour un peu plus d’un siècle, à la dynastie franconienne, avant de se désagréger en une mosaïque de villes libres et de principautés, avec la fin du règne de la dynastie des Hohenstaufen et la mort de Frédéric II de Hohenstaufen en 1250.

Les liens dynastiques sont un véritable écheveau : les frontières entre royaumes se dessinent au gré des successions, des parentés et alliances entre dynasties. Luttes et conflits émaillent tout le Moyen Âge, que ne peut effacer l’appartenance de ces dynasties à la chrétienté et à l’Eglise romaine. Quand le pape Grégoire VII lance un appel à une nouvelle croisade pour reprendre Jérusalem (la 3e croisade, en 1189), y répondent le roi de France, Philippe Auguste, mais aussi Henri II roi d’Angleterre dont l’immense territoire sur le sol continental menace le royaume de France, ainsi que l’empereur germanique Frédéric Ier de Hohenstaufen (appelé Barberousse), allié à Henri II contre Philippe Auguste…

Les souverains médiévaux sont quelquefois sacrés (comme les rois de France à partir de 752 ou les rois d’Angleterre), les dynasties régnantes portant toutes des objets symboliques de royauté, les regalia, dont le premier d’entre eux la couronne. Les armoiries royales ou impériales, comme signe d’identification d’une lignée dynastique, apparaissent au XIIe siècle.

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Publié le - Mis à jour le 17-05-2018

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