De la motte castrale au donjon de pierre (Xe-XIe siècle)

Le château, en tant que demeure fortifiée, est indissociablement lié au Moyen Âge. L’origine même du mot château — du latin castellum, forteresse, diminutif de castrum, camp — illustre la notion de château fort.

A partir du Xe siècle et la féodalisation de la société, l’Europe se hérisse de nombreux lieux fortifiés ou châteaux. Symbole de pouvoir sur les hommes et sur la terre, le château évolue à la fin du Moyen Âge pour devenir de plus en plus un lieu de résidence seigneuriale, princière et royale.



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Siège de Lisbonne (1384), enluminure de maître d'Antoine
de Bourgogne dans Les Chroniques de Froissart, XVe siècle © BnF

La motte castrale

La motte castrale apparaît dès la seconde moitié du Xe siècle dans un climat d’insécurité et de rivalités permanentes, engendré par le morcellement du pouvoir. Cette structure, à la fois résidence seigneuriale et place forte, devient le symbole de la domination du maître des lieux.

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© INIT-ep

Elle est constituée d’une tour de bois carrée ou rectangulaire qui prend appui sur un monticule de terre artificiel. En contrebas est aménagée une cour — basse-cour ou bayle — généralement circulaire et entourée d’une palissade et d’un fossé. Elle abrite les logements des domestiques et des hommes d’armes, les écuries, la forge, des fours et des granges. Une rampe de bois sur piliers permet d’accéder à la tour car elle est séparée de la basse-cour par un fossé et deux autres palissades (au pied de la motte et autour du donjon). Cette tour sert le plus souvent de résidence au seigneur et à sa famille, et de réserve de nourriture. Le seigneur est en premier lieu un guerrier et un chef militaire car il doit affirmer et défendre son autorité sur ses terres. En cas d’attaque, la population locale trouve refuge dans la cour. La défense des lieux est assurée par la mise en place d’obstacles devant empêcher la progression de l’attaquant : les fossés, les talus, les palissades, la surélévation de la tour. Les assiégés utilisent des projectiles pour empêcher l’assaillant d’atteindre la palissade et d’y former une brèche. L’attaquant peut aussi tenter d’incendier les enceintes de bois.

 

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Donjon de Loches. Construit par Foulques Nerra
entre 1013 et 1035, comme partie d'un réseau de fortifications
de la ville de Tours. D'une hauteur de 36 mètres,
il est l'un des plus imposants de son époque en Europe.
© DR

Le donjon

Les premiers donjons en pierre apparaissent au croisement des Xe et XIe siècles. La pierre n’a pas directement succédé au bois : son usage dépendait des ressources régionales et des moyens du seigneur. Parallèlement, l’utilisation du bois s’est maintenue tardivement (au-delà du XIIIe siècle). Un des plus anciens donjons de pierre est celui de Langeais (fin du Xe siècle) dont la construction a été ordonnée par le comte Foulques Nerra, commanditaire de nombreux ouvrages de pierre en Anjou et en Touraine. Autre donjon remarquable, celui de Loches (Indre-et-Loire) construit aux alentours des années 1010-1035. La défense reste cependant passive : la porte est située en hauteur sur le flanc le moins exposé, les murs sont épais, les fenêtres rares et étroites. Les fossés et les palissades sont encore utilisés. Seules des galeries de bois placées en surplomb au dernier niveau du donjon — les hourds — permettent de lancer des projectiles ou d’utiliser des armes de tir.

 

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Publié le - Mis à jour le 13-12-2018

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