Alimentation et hygiène de vie au Moyen Âge

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Pathologie : furoncles, Barthélemy l'Anglais,
Livre de Propriétés des Choses, enluminure fin XVe siècle © BnF

Alimentation et hygiène de vie doivent suivre l’alternance des jours « gras » et jours « maigres » du calendrier religieux, et le « Vivre en bon chrétien » définit ici la bonne mesure entre besoins du corps et salut de l’âme. La viande, perçue comme liée au péché de chair, est interdite les jours maigres. De même, les aliments à base de graisses animales, œufs et laitages, le sont pendant le Carême. Ce temps pascal du Carême englobe le renoncement aux plaisirs sexuels, autre pulsion « animale » que le chrétien doit être apte à maîtriser. Durant toute l’année, la viande est prohibée le vendredi, jour de la mort du Christ, et donc jour maigre de la semaine chrétienne. Les aliments proscrits sont remplacés par le poisson, dont la nature est « froide et humide », sans vision de sang, et donc ne risque pas d’échauffer le mangeur, de l’inciter à « l’incendie de la luxure ».

Ces prohibitions alimentaires, encore plus dures dans les monastères, touchent tous les corps sociaux, mais sont moins pénibles chez les élites, qui, ayant plus de facilité et de choix de nourriture, peuvent transformer une cuisine de substitution en un nouveau raffinement. L’aristocratie est mieux protégée des risques liés à la nourriture : elle a des échappatoires à la disette lorsque celle-ci frappe une campagne qui ne se nourrit que de champs dont une guerre vient de détruire les récoltes. Le régime alimentaire paysan lié à une terre unique présente des déséquilibres : le pain a une place centrale, toute mauvaise récolte de céréales est un fléau. Les plus pauvres, au moment d’une grande famine comme celle de 1033, se sont vus contraints de manger racines, herbes des ruisseaux, et toute sorte de charognes.

Les médecins sont peu nombreux, seuls riches et nobles accèdent régulièrement à leurs services, les paysans et travailleurs ayant surtout accès à des guérisseurs populaires, ou à des femmes, nombreuses à avoir acquis des pratiques de soins essentielles. L’hôpital, terme englobant dispensaires pour pauvres, cliniques pour blessés, maisons pour aveugles, boiteux, malades mentaux, doit beaucoup à la contribution de l'Église. Les hôpitaux monastiques développent, avec des auxiliaires laïcs, des hospices pour les pèlerins victimes d’épidémies et de maladies chroniques, travaillent à l’isolement de la peste et de la lèpre. Les Religieux de Saint Antoine soignent le « mal des ardents », le plus meurtrier du Moyen Âge, contracté par intoxication alimentaire de seigle avarié. Il provoque des gangrènes, un état hallucinatoire proche de la démence, consume ses victimes comme un feu dévorant.

L’hygiène dans les foyers varie selon l’ordre social, mais il n’y a pas de pièce dédiée à la toilette, un baquet de bois se posant ici ou là, ceux qui n’ont pas d’accès au savon se servant d’un mélange de saponaire (racine) et de graisse animale. On se frotte rarement les dents, sauf dans les milieux nobiliaires, où l’on utilise du corail en poudre et de l’os de seiche écrasé, et un cordon de soie en guise de fil dentaire. Pour certaines couches sociales des grandes villes, l’hygiène devient un art de vivre, les étuves y sont assez nombreuses au XIVe siècle. Dans ces établissements, on peut y boire et manger sur une planche posée au-dessus du bain, se baigner en compagnie.

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Publié le - Mis à jour le 04-05-2018

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