Vivre en famille au Moyen Âge

Après l'an 1100 seulement, les premiers rituels liturgiques du mariage indiquent une pénétration progressive du pouvoir des clercs dans la vie des familles. Ils s’assurent du consentement des époux, de la dignité religieuse de l’union. Au cours de la dernière partie du Moyen Âge, on verra progresser dans les villes une forme de famille étroite classique, groupant autour du couple ses seuls enfants, alors qu’à la campagne le groupe familial élargi persiste plus longtemps. L’aristocratie, qui a toujours considéré le mariage comme un instrument d'alliances politiques et foncières entre lignages, tient peu compte des préceptes canoniques : concubinages et mariages multiples restent pratiqués très longtemps. L’interprétation par l’Église de ses propres principes (par ex. sur les cas de nullité) lui permet de tolérer la séparation de nombreux couples de la noblesse : si la femme n'est pas en mesure d'avoir un enfant, le mariage est remis en question, l’épouse peut être répudiée...

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Grisélidis remettant sa fille à Gautier de Saluces,
enluminure de Maître de Boèce XVe siècle © BnF

Mais le mariage chrétien est un sacrement, et l’Église veille au moins à ce qu’il n’ait pas lieu au-dessous d’un certain âge (12 ans pour les femmes, 14 ans pour les hommes) ou contre la volonté d’un des partenaires. L’amour entre conjoints est le seul explicitement permis, à condition de n’y point prendre trop de plaisir et de ne pas éviter la procréation. Les époux doivent être fidèles l’un à l’autre, vivre ensemble en élevant leurs enfants sous l’autorité de l’époux. Souvent au Moyen Âge, le bébé peut hélas mourir rapidement ou naître difforme et risquer l’abandon à la porte d’une église. Le tiers des enfants ne survit pas au-delà des cinq premières années, certains couples n’en voyant aucun arriver à la puberté. L’enfance est vue de fait comme un moment dur à passer, les parents attendant de leurs enfants « bon fruit quand ils seront grands », mais étant inquiets et réservés tant qu’ils n’ont pas passé la période critique. L’enfant n’est pas sacralisé, on admire chez lui ce qui laisse augurer de l’âge adulte. Les familles riches font appel à des nourrices, puis à des précepteurs (à partir de 7 ans). La brièveté d’ensemble de la vie fait que sa période « productive » commence tôt et l’on pense vite à trouver un métier au nouveau venu  — celui de clerc ou de chevalier ayant la préférence, de très jeunes êtres sont confiés à des monastères, d’autres entraînés à la chevalerie avant l’âge de 10 ans et des petites filles placées chez un employeur dès 8 ans…

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Publié le - Mis à jour le 04-05-2018

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