Jean Racine et ses contemporains

Le Grand Siècle dans lequel Racine s’inscrit est particulièrement riche en talents. Le compositeur Lully, le peintre Poussin, l'architecte Mansart, les écrivains Mme de Lafayette, Bossuet ou La Rochefoucauld – pour ne citer qu'eux – contribuent à la perfection du classicisme français. Racine s’impose dans ce foisonnement, non sans se heurter aux deux autres géants de la scène : Molière et Corneille.

Racine face à Molière

En 1664, la première pièce de Racine, La Thébaïde, est jouée par la troupe de Molière au théâtre du Palais-Royal. L’année suivante, Racine confie sa deuxième tragédie, Alexandre le Grand, à la fois aux comédiens de Molière et à ceux de la troupe de l’Hôtel de Bourgogne. Molière ne pardonne pas cette trahison et accueille dès lors les rivaux de Racine. C’est ainsi que, en 1670, Tite et Bérénice, de Corneille, est jouée au théâtre du Palais-Royal quelques jours seulement après la Bérénice de Racine.

Racine face à Corneille

Racine et Molière se brouillent ; Racine et Corneille sont, quant à eux, concurrents. Corneille appartient à une génération éprise de théâtre héroïque. Racine, à ses débuts, répond au goût nouveau pour la galanterie, analyse délicate des sentiments amoureux. Tendre ou furieux, l’amour domine son théâtre, alors que, pour Corneille, l’amour reste une passion secondaire, qui doit être maîtrisée au profit de la « gloire » des héros. Divers épisodes rythment la querelle des deux auteurs. Quelques vers des Plaideurs de Racine parodient des vers du Cid. Dans la préface de Britannicus, Racine attaque le théâtre de Corneille qui, lui, dénonce le manque de vérité des personnages de Bajazet. Mais, après Suréna (1674), dernière tragédie de Corneille, Racine n’a plus de rival.

Les Anciens et les Modernes

A partir des années 1680, la querelle des Anciens et des Modernes remet en cause la suprématie des auteurs et de la civilisation de l’Antiquité. Racine partage avec Boileau, La Bruyère ou La Fontaine, l'idée que l’antiquité grecque et latine constitue l’âge d’or de la littérature. Molière et Corneille, eux, s'opposent à cette conception et prennent le parti des Modernes. 

Publié le - Mis à jour le 04-02-2019

Recommandations