Genèse et suites du Meilleur des mondes de Huxley

Maturation de l’œuvre

Huxley écrit Le Meilleur des mondes (Brave New World), en quatre mois durant l’année 1931, trois ans après son roman à succès Contrepoint (Point Counter Point, une vision ironique de la haute société britannique).

Entre ces deux romans, il publie beaucoup (essais, poèmes, pièces de théâtre et récits). Parallèlement, il mûrit une œuvre où il jonglerait avec ce que pourrait réserver les progrès des sciences et techniques dans l’avenir.

  • Durant les années 1920, Huxley a voyagé aux États-Unis et lu l’autobiographie de Henry Ford, fondateur du constructeur automobile du même nom et inventeur du « fordisme » (standardisation des produits et travail à la chaine). Il est allé visiter une usine chimique de produits fertilisants dans le nord-est de l’Angleterre qui pour lui  donne l’image d’ « un univers ordonné dans un monde planifié de manière incohérente ».
  • Comme d’autres écrivains et intellectuels, il s’interroge sur la place de l’individu dans un monde qui bascule (Première Guerre mondiale, Révolution russe de 1917) et court vers la production et la consommation de masse (voiture, téléphone, radio, etc.)
Image Contenu

Aldous Huxley à Rome en 1963
© MP/Leemage
cliquer pour agrandir l'image.

Publication : Brave New World et Le Meilleur des mondes

Le livre parait en 1932 aux éditions londoniennes Chatto & Windus. Huxley choisit pour titre Brave New World, une citation empruntée à Shakespeare dans la pièce La Tempête (acte V, scène 1).

La même année, il paraît en France aux Editions Plon sous le titre Le Meilleur des mondes, dans une traduction de Jules Castier, qui fut traducteur pour nombre d’écrivains anglo-saxons (Kipling, Jane Austen, Oscar Wilde, etc.)

Littéralement, Brave New World peut se traduire par un nouveau monde courageux, éclatant, merveilleux. Mais le choix s’est arrêté pour la version française à une citation de Voltaire parodiant Leibniz  dans Candide, citation que Huxley a mis au début de la version anglaise : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».
 

Huxley et les suites du roman

En 1946, Huxley écrit un avant-propos à son Meilleur des mondes disant qu’il veut croire à l’avènement d’un monde meilleur et y assister, malgré les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, ses millions de morts et la menace que fait peser la bombe atomique sur l’avenir de l’humanité. La même année, il publie un recueil de textes philosophiques commentés : La Philosophie éternelle (The Perennial Philosophy).

Pourtant, deux ans plus tard, en 1948, son roman Temps futurs (Ape and Essence) décrit une civilisation qui s’est perdue. Puis, en 1958, dans son essai Retour au meilleur des mondes (Brave New World Revisited), Huxley se pose la question de savoir si en l’espace de presque trente ans le monde a évolué dans la direction de la vision du futur qu'il avait eue. Sa conclusion : notre monde se met à ressembler bien plus rapidement que prévu au Meilleur des mondes. En cause : la surpopulation, la bureaucratie, certaines techniques d’hypnose annihilant la liberté individuelle.

Publié le - Mis à jour le 16-02-2016

Recommandations