Chateaubriand et les femmes

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Beaucoup de femmes traversent la vie de ce grand séducteur, passades, liaisons ou amitiés. L’infidèle enchanteur s’attache surtout à un rêve, un idéal de femme, qu’il conçoit, très jeune, dans la solitude de Combourg, et qu’il nomme la Sylphide. Sa première inspiratrice, compagne de la solitude exaltée de l’adolescence, est sa sœur Lucile ; il est difficile de ne pas voir dans René un écho de ces relations quasi amoureuses.

Eprise mais jamais aimée, Céleste Buisson de La Vigne, épousée pour sa dot supposée en 1792, sera, jusqu’à sa mort, en 1847, une épouse digne et fidèle. Leur vie commune commence véritablement en 1804 ; Céleste doit se résigner au défilé incessant des «  madames », amantes, amies, admiratrices de Chateaubriand. Energique et d’esprit pratique, elle fonde l’Infirmerie Marie-Thérèse, qui accueille, rue d’Enfer, des prêtres âgés, crée une fabrique de chocolats pour réunir des fonds destinés à cette œuvre.

En 1796, en Angleterre, Chateaubriand oublie si bien sa femme que l’épouse du pasteur Ives lui offre la main de sa fille Charlotte, à qui il enseigne la littérature. A son retour d’exil, il fréquente le salon de Pauline de Beaumont, qui ressuscite les charmes de l’Ancien Régime. A Savigny-sur-Orge, Pauline lui procure la paix nécessaire à l’achèvement du Génie du Christianisme. Elle le rejoint à Rome, en 1803 et, phtisique, meurt dans ses bras. Autre amour : Nathalie de Noailles, rencontrée en 1805. Chateaubriand la retrouve à la fin de son périple autour de la Méditerranée, à Cordoue ; cette passion inspire Les Aventures du dernier Abencérage. Claire de Kersaint, duchesse de Duras, écrit des romans et tient un salon politique sous la Restauration. Amie influente, elle favorise la nomination de Chateaubriand comme ministre des Affaires étrangères. Et c’est, ministre, qu’il a pour maîtresse la jeune Cordélia de Castellane, la «  déesse des voluptés ». Quelques années plus tard, Chateaubriand sexagénaire noue une liaison avec Hortense Allart, femme de lettres.

Les amours passent, meurent, fatalité à laquelle échappe celui qui lie Juliette Récamier et Chateaubriand. Née en 1777, Mme Récamier avait été l’une des reines du Directoire, et eut de nombreux adorateurs. Sa liaison avec Chateaubriand qui commence en 1817, dure jusqu’au dernier jour de son grand homme. L’Abbaye-aux-Bois, couvent où elle s’installe en 1819, devient un grand salon littéraire et politique, voué au culte de Chateaubriand ; à partir de 1834, y sont lus des extraits des Mémoires d’outre-tombe inédits.

Publié le - Mis à jour le 28-08-2017

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