« La Musique des animaux » de Frédéric Marais - Littérature jeunesse

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La Musique des animaux

Auteur : Frédéric Marais

Editeur : Gulf Stream Editeur

Janvier 2016 - 16 €

Album à partir de 8 ans

ISBN : 9782354883232

Thèmes : Histoire, Musique, Animaux

 

L'avis de Ricochet

Après d’autres albums aux thèmes variés (les insectes, les cacas, les héros de l’espace et les grands conquérants…) Frédéric Marais poursuit sa collection de documentaires intrigants chez Gulf Stream.

Il s’agit de lier un animal à une activité qui nous semble éloignée. Ainsi, la musique des animaux est exemplifiée par un Écossais avec kilt, gilet, coiffure traditionnelle et, en guise de cornemuse… un mouton sous le bras, l’œil ahuri ! Image incongrue certes mais totalement adéquate à son sujet. Dans les Highlands, grande terre d’élevage de moutons à tête noire, les « pipers » portent ce costume et tiennent leur instrument ainsi. L’illustration suffit pour installer un lien entre environnement et musique, c’est intelligent, drôle et juste ! 

Voici donc un voyage dans le temps et dans l’espace qui explicite ce que la musique humaine doit aux animaux. Dans l’azur bleu céruléen, une main brandit un os. C’est 2001 : l’odyssée de l’espace ou La Guerre du feu ? Non, sur cet os percé, un vautour est perché. La prise solide de l’os, la main poilue suffisent à indiquer l’époque reculée, le vautour perché explique le lien entre l’homme et l’animal. Le texte raconte qu’un os de vautour troué est la première flûte.

Nous apprenons ainsi ce que le piano doit à l’éléphant : l’ivoire des touches blanches. Un éléphant assis sur le tabouret d’un pianiste nous permet de constater la disproportion entre l’ivoire des touches et la taille de l’animal tué. Deux dates encadrent l’information « 1709/1989 : premier piano / protection de l’espèce par interdiction de la commercialisation de l’ivoire ». Au choc visuel répond un court texte dense qui cible une information précise. Le mouton écossais de la couverture signale le lien entre musique et armée, tout comme la membrane en peau de vache des tambours napoléoniens ou la peau de requin pour le pahu, tambour polynésien.

On comprend très vite le principe de composition des images. Sur un fond uni très soutenu, souvent en correspondance avec le thème, bleu profond des mers ou vert uni d’Écosse, un instrument est dessiné. Il est toujours mis en scène avec l’animal qui lui donne naissance et parfois accompagné d’une présence humaine. On admirera le visage et les mains de la violoniste qui émergent sur le noir de la scène de concert. Elle est parfaitement concentrée sur son instrument : un superbe poisson ! Quel rapport ? Les luthiers utilisaient de la colle de poisson pour ses qualités de tenue et de couleur dans « l’assemblage des 71 morceaux de bois des violons ». Tous les continents et toutes les époques sont concernés. Au hasard des rencontres, on associe musique et phase de l’histoire humaine. Le banjo recouvert de peau de castor fait le lien entre l’esclavage et la naissance du jazz. Le chofar fabriqué avec une corne de grand coudou évoque discrètement « l’histoire du peuple juif ».

C’est instructif, déroutant, dessiné avec grande précision. Un exemple intéressant de documentaire qui interroge le savoir et donne envie d’en savoir encore plus.

Danielle Bertrand

EN PARTENARIAT AVEC RICOCHETricochet

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Publié le - Mis à jour le 15-11-2018

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