Pourquoi étudier une langue ancienne ?

Combien d'élèves apprennent-ils le latin ou le grec ? Pourquoi étudier une langue ancienne ?

Le point avec Sylvie Pédroaréna, présidente de la Coordination nationale des associations régionales des enseignants de langues anciennes (CNARELA).

Quelle est l'évolution de l'enseignement du latin et du grec ?

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Le nombre d'élèves du secondaire apprenant une langue ancienne est plutôt stable. En 2009, nous étions à plus de 500 000 élèves. Toutefois, nous craignons que la réforme du lycée soit préjudiciable. Les options pouvant être choisies comme enseignement d'exploration ont été multipliées. Cette offre complique l'organisation des enseignements dans les établissements. Le latin et le grec risquent d'être particulièrement pénalisés, notamment à cause d'emplois du temps défavorables.

 

Qu'en est-il dans le supérieur ?

Nous ne disposons pas de chiffres précis pour l'enseignement supérieur. Nous savons que les étudiants ne sont pas très nombreux dans les filières de lettres anciennes. Toutefois, le latin est enseigné comme une matière complémentaire dans de nombreux cursus de langue, de philosophie, ou encore d'histoire.

Les élèves ne perçoivent pas toujours l'intérêt d'une langue ancienne. Que diriez-vous pour les convaincre ?

Le latin et le grec offrent des clés pour comprendre le monde d'aujourd'hui. La culture antique est très présente dans notre société. Nos conceptions artistiques, les dessins de presse, et même les publicités comportent de nombreuses références gréco-latines. Sans parler du vocabulaire et des expressions. Et on ne peut pas expliquer le sens d'« ouvrir la boite de Pandore » sans la mythologie. L'apprentissage des langues anciennes participe donc à la construction d'une culture commune.

La connaissance des langues anciennes peut-elle faciliter le travail de l'élève dans les autres matières ?

Absolument. L'étymologie permet tout d'abord d'améliorer son orthographe. L'élève réalise par exemple que l'accent circonflexe est l'héritage d'un « s » dans le mot latin. De la même manière, la connaissance de préfixes et suffixes, issus des langues anciennes, aide à se repérer dans le vocabulaire. Il est ainsi facile de déduire le sens de « biologie » ou d'« hégémonie » lorsqu'on possède les bases du grec ancien.

De plus, en travaillant sur les structures de phrases, l'élève développe des compétences grammaticales transférables en langues vivantes. C'est particulièrement vrai pour les langues romanes.

Le latin et le grec sont souvent considérés comme des matières réservées aux bons élèves...

Il s'agit d'une vision obsolète ! Cet enseignement s'adresse à tout le monde, à condition de faire preuve d'un minimum de motivation et de curiosité. Les programmes ont été rénovés en 1997 et offrent désormais des orientations complémentaires. Les cours comportent ainsi trois volets : la lecture et la traduction de textes anciens, l'étude de la langue via la grammaire et le vocabulaire, et enfin, une ouverture sur l'histoire de l'art antique et sur ses prolongements dans les œuvres contemporaines. Chaque élève peut donc trouver un intérêt dans cet enseignement.

Les effectifs en latin grec

L'apprentissage du latin et du grec concerne respectivement 19,1% et 2,1% des collégiens. A noter que le latin s'enseigne dès la classe de 5e, tandis que le grec ne débute qu'en 3e.
Les effectifs sont moins nombreux au lycée : 4,9% des élèves suivent des cours de latin, et 1,2% des cours de grec.
Tous niveaux confondus, ce sont 546 074 élèves qui apprennent une langue ancienne.

 

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Publié le - Mis à jour le 31-10-2012

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