L'Algérie : un modèle à bout de souffle

Géopoliticus - Saison 1

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L'Algérie : un modèle à bout de souffle

En 1962, après une guerre qui a duré huit ans, l’Algérie accède à l’indépendance. Six décennies plus tard, les promesses d’une société pluraliste et d’une économie diversifiée sont restées lettre morte. Un immobilisme qui se retrouve sur le plan international où son intervention est particulièrement discrète. Si l’Algérie demeure en conflit avec le voisin marocain, notamment pour des questions historiques de rivalité territoriale, le gouvernement algérien tente depuis plus de deux ans de participer à la résolution du conflit.

L'Algérie : un pays jeune 

  • L’Algérie est un pays jeune : deux tiers de ses habitants ont moins de 40 ans. Mais cette jeunesse a d’énormes difficultés à trouver du travail. Si officiellement le taux de chômage global est proche des 12%, il s’élève à plus de 26  % chez les 16-24 ans. 
  • L’Algérie est pourtant un pays riche. Les revenus gaziers et pétroliers représentent 96% de ses exportations, près de la moitié de son PIB et 60% des recettes budgétaires de l’État.

L'Algérie : un pays riche en énergies fossiles 

Politiquement, ce sont ses richesses en gaz et en pétrole qui ont permis à l'Algérie d’assurer la stabilité de son régime et de maintenir la paix sociale grâce à une subvention habile des prix de l'énergie. Cependant, tout le reste a été négligé : diversification de son économie, tourisme, énergie solaire, politique culturelle, minorités ethniques et linguistiques. (Kabyles, mais aussi Chaoui, et bien d’autres peuples, en particuliers dans le Sahara, au sud du pays). 
Mais cette stabilité se fissure. D’abord parce que les réserves d’or noir et de gaz ne sont pas éternelles. Ensuite parce que les fluctuations du prix du baril ont largement creusé les caisses d’un Etat qui s’est engagé à subventionner fortement l’énergie consommée par son peuple. 
Alors qu’il est le 10e plus grand pays au monde par sa taille, l’Algérie n’exploite pas pour le moment son fort potentiel solaire lié au Sahara qui compose une grande partie du pays. Cela lui permettrait pourtant de reconvertir une partie de son économie. 

L'Algérie : un climat politique à bout de souffle

Sur le plan politique, le « modèle algérien » semble également à bout de souffle. En 2019, le pays demeure embourbé dans une dictature (absence de contrôle des élus de l’assemblée sur le gouvernement, corruption endémique, nominations opaques au sein des corps ministériels et hauts fonctionnaires, trucage des élections, menaces sur la liberté des médias...)  qui ne dit pas son nom : des élections ont bien lieu (la dernière élection présidentielle a lieu en 2014)  mais les résultats en sont connus d’avance. Ce système repose aujourd’hui sur la figure d’un homme : Abdelaziz Bouteflika (81 ans), président de la République depuis 1999. Engagé à 19 ans dans l’Armée de libération nationale, il est pour les Algériens l’un des derniers héros vivant de la guerre d’indépendance.
Victime en 2013 d'un grave accident vasculaire cérébral, Bouteflika ne se déplace déjà plus qu’en fauteuil roulant et n’apparait que très rarement en public. Ses proches ont pourtant annoncé qu’il serait candidat à un 5è mandat lors des élections d’avril 2019. Sans opposition sérieuse, il peut être réélu.  

Malgré cela, l’Algérie parviendra-t-elle à prendre un nouveau souffle ? Rien n’est moins sûr. Politiquement, la seule opposition organisée est celle des partis islamistes. La guerre civile des années 1990 est encore dans les têtes, les échos des guerres en Lybie et en Syrie, pays proches, inquiètent une partie des Algériens et de l’armée. Le modèle politique et économique de l’Algérie reste à inventer. 

Pour aller plus loin

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Pierre Puchot

Production : 2018

en partenariat avec
IRIS - Institut de Relations Internationales et Stratégiques

L’IRIS, association loi 1901 créée en 1991 reconnue d’utilité publique, est un think tank français travaillant sur les thématiques géopolitiques et stratégiques. L’Institut couvre un spectre très large de questions géostratégiques, opérant pour le compte d’organismes publics et d’entreprises privées qui lui commandent études, notes et formations. Ses chercheurs participent à de multiples conférences en France et à travers le monde. Parallèlement, son activité médiatique, son dynamisme sur internet et sur les réseaux sociaux, ainsi que les nombreuses manifestations que l’IRIS organise, lui permettent de participer pleinement aux débats sur les questions internationales et stratégiques, tout en répondant aux besoins d’analyse et de décryptage du grand public. En savoir plus : www.iris-france.org / @InstitutIRIS

Publié le - Mis à jour le 08-07-2019

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