Drogues : une lutte sans fin

Géopoliticus - Saison 1

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Géopolitique des drogues : une lutte sans fin

7 700 euros par seconde. C’est ce que rapporte le trafic de drogue dans le monde. Quasiment autant que le PIB de la Suède. La drogue est donc un énorme business. Mais de quelle drogue parle-t-on ?  Si l’alcool ou le tabac sont des drogues légales, l’héroïne et la cocaïne, elles, ne le sont pas. Souvent qualifié de « drogue douce » pour son aspect récréatif et son utilisation thérapeutique, le cannabis, dont la légalité varie selon les pays est considéré comme moins dangereux. Dans tous les cas, la géopolitique des drogues ce sont des conflits de pouvoirs pour le contrôle des territoires de production et de consommation, mais aussi pour les richesses que le trafic génère.

Les lieux d'accès à la matière première nécessaire à la production de la drogue sont essentiels.

Les pays andins d'Amérique latine sont le 1er centre de production mondiale de coca et de ses dérivés. Le contrôle du marché finance les narcotrafiquants, les paramilitaires et les guérillas.

  • La drogue passe par le Mexique vers les USA ou par bateau vers l'Europe.
  • L'Asie, avec le Croissant d'or - Afghanistan, Iran, Pakistan - est la 1ere zone mondiale de production d'opiacées (opium, morphine et héroïne). La culture du pavot permet par exemple aux talibans de financer l'achat d'armes.  Pour fournir l’Europe, la drogue traverse l’Asie centrale par la Turquie. Pour alimenter les USA, les opiacés traversent l’océan Pacifique par bateaux. 
  • Quant au cannabis, les premières zones de production mondiales sont aux États-Unis et au Mexique. La culture du cannabis est néanmoins répandue dans plus de 129 pays. Et l’auto-production gagne du terrain. Pour ce qui est de la résine de cannabis, le Maroc arrive en tête.  Sa production alimente près de 80% du marché européen.

Le trafic de stupéfiants : une économie semblable aux marchés des matières premières

En fait, malgré sa prohibition et le maintien de prix et de profits plus élevés que pour d'autres ressources, le trafic de stupéfiants fonctionne comme les marchés des autres matières premières. 

Dans les pays développés, la demande est croissante. L'essentiel des revenus profite au crime organisé. Les paysans-producteurs, eux, ne perçoivent qu'un faible pourcentage du revenu généré par ce trafic très juteux. Pour eux, il s'avère plus rentable de cultiver de la coca et du pavot que des plants légaux. 
Pour lutter contre le crime organisé, des organismes internationaux de sécurité comme Interpol, Europol ou l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont été créés. Des traités tels que la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 ont été signés.
Malgré les contrôles, l'ONU estime par exemple que seule 42% de la production mondiale de cocaïne est saisie (23% de celle d'héroïne). Et de nouveaux défis apparaissent : délocalisation de la production et surtout, émergence des drogues de synthèse. Ces dernières présentent de nombreux avantages pour les trafiquants : laboratoires mobiles et discrets, coûts logistiques et de transport moindres, investissements de départ faibles, et surtout, capacité à s’adapter pour échapper à la législation en inventant de nouvelles molécules.

Echec des politiques répressives vs dépénalisation partielle ou complète 

Devant l'échec des politiques répressives mises en place depuis les années 1920, différents pays ont complètement ou partiellement légalisé la consommation de cannabis ou de certaines autres drogues. Plus nombreux sont les pays qui ont choisi une voie intermédiaire : la dépénalisation partielle ou complète. Par exemple, au Portugal, l'usage à titre personnel de cocaïne ou d’héroïne est toléré. Entre légalisation, dépénalisation et répression, la lutte contre contre la drogue prend de multiples visages. 

Pour aller plus loin

Bibliographies

Carto / Sources 

 

 

 

 

 

 

 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Julie Chansel

Production : 2018

en partenariat avec
IRIS - Institut de Relations Internationales et Stratégiques

L’IRIS, association loi 1901 créée en 1991 reconnue d’utilité publique, est un think tank français travaillant sur les thématiques géopolitiques et stratégiques. L’Institut couvre un spectre très large de questions géostratégiques, opérant pour le compte d’organismes publics et d’entreprises privées qui lui commandent études, notes et formations. Ses chercheurs participent à de multiples conférences en France et à travers le monde. Parallèlement, son activité médiatique, son dynamisme sur internet et sur les réseaux sociaux, ainsi que les nombreuses manifestations que l’IRIS organise, lui permettent de participer pleinement aux débats sur les questions internationales et stratégiques, tout en répondant aux besoins d’analyse et de décryptage du grand public. En savoir plus : www.iris-france.org / @InstitutIRIS

Publié le - Mis à jour le 20-02-2019

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