Quand les nazis cherchent à cacher leurs crimes

Le 2 juin 1942, la BBC (la radio britannique) annonça, pour la première fois, la nouvelle de l'extermination des Juifs. Le contenu d'une lettre venant du Bund de Pologne (une organisation juive) fut radiodiffusé.

Il donnait une description très précise du génocide qui avait commencé : « Du jour où la guerre a été déclenchée entre la Russie et l'Allemagne, les Allemands ont entrepris l'extermination physique du peuple juif sur le sol polonais avec l'aide des fascistes ukrainiens et lituaniens. (…) Cela a commencé en Galicie orientale durant l'été 1941 ».

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Le monde apprenait ainsi l'existence des atrocités qui se déroulaient en Europe orientale. Mais ces informations furent généralement considérées comme exagérées...

A partir de 1943, lorsque les nazis comprirent qu'ils étaient en train de perdre la guerre, ils accélérèrent le massacre des Juifs. Des ghettos furent anéantis, les déportations vers les camps de la mort redoublèrent, jusqu'à ce que les camps les plus efficaces, comme celui de Birkenau, ne puissent plus faire face au nombre de personnes à tuer chaque jour.

Le chef des SS, Heinrich Himmler, forma des unités de forçats pour brûler et enterrer les cadavres, afin de faire disparaître ces preuves. Les chambres à gaz de Birkenau, par exemple, furent détruites. Parallèlement, certains pays comme le Danemark et la Hongrie, qui s'étaient toujours opposés à la déportation de leurs ressortissants juifs, subirent des pressions de plus en plus fortes.

Alors que les armées soviétiques obligeaient les Allemands à se retirer d'Europe orientale, les prisonniers affamés et épuisés étaient contraints de traverser l'Europe à pied, de camp en camp, au cours de ce qu'on appela les « marches de la mort », car beaucoup périrent de faim, de froid, d'épuisement ou bien encore exécutés par les SS au bord de la route. Les survivants furent entassés dans des camps plus à l'ouest, où régnaient la famine et les épidémies. En même temps, la résistance se renforçait parmi les Juifs et la population des pays occupés.

Témoignage

« Après que les Russes eurent encerclé Budapest le 25 décembre 1944, les nazis intensifièrent les massacres. Quelques jours plus tard, je fus arrêté, avec 280 autres hommes, femmes et enfants, déshabillé et conduit à pied jusqu'au bord du Danube. Après nous avoir placés en ligne, des soldats armés de mitrailleuses ouvrirent le feu. N'ayant plus rien à perdre, je sautai dans le Danube avant d'être tué. Je restai sous l'eau et me laissai emporter par le courant. Lorsque je ne sentis plus mes membres, je sortis du fleuve et regagnai péniblement les terribles conditions de vie du ghetto. Je fus l'unique survivant de ma famille de 27 personnes. »

John, survivant de l'Holocauste

 

Pour en savoir plus, découvrez nos dossiers sur :

  • le sort des enfants dans la Shoah,
  • la genèse du génocide avec les extraits de la série documentaire Jusqu'au dernier : la destruction des Juifs d'Europe,
  • l'histoire du conflit raconté au travers d'images d'archives dans Apocalypse : la Deuxième Guerre mondiale,
  • des témoignages de personnes ayant vécu la Seconde Guerre mondiale dans Un village français, ils y étaient...
Publié le - Mis à jour le 15-02-2019

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