L'ORTF, histoire de la TV

La grande explication

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Le 25 juillet 1964, à 20 heures, les Français découvrent sur leurs écrans de télévision le sigle de l’ORTF : l’Office de radiodiffusion télévision française. Créé pour moderniser la radio et, surtout, la télévision française, sa mission consiste à « satisfaire les besoins d'information, de culture, d'éducation et de distraction du public ».

Installé à Paris, dans la toute nouvelle Maison de la radio, il comprend deux chaînes de télévision et quatre stations de radio. A l’époque, l’Etat détient le monopole des ondes et l’ORTF est placé sous la tutelle du ministère de l’Information.

Dans quel contexte naît l'ORTF ?

En 1964, la France est présidée par le général de Gaulle. La guerre d’Algérie est terminée, la parole se libère et l’insouciance résonne au rythme de la musique yéyé. Le niveau de vie augmente et le petit écran s’installe dans le salon des Français. L’essor de la télévision commence au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

On frissonne devant les premières retransmissions du Tour de France, puis on s’extasie en regardant le premier journal télévisé, filmé depuis la nacelle d’une montgolfière… qui prend feu en plein vol. L'étrange lucarne fascine les Français, qui se pressent massivement devant les vitrines, dans les cafés… ou chez leurs voisins. Car si l’engouement est considérable, rares sont ceux qui possèdent déjà un poste de télévision. Dans les années 1960, son ascension est fulgurante ! La télévision devient de plus en plus accessible. Les ventes explosent, les programmes se démultiplient et les innovations se succèdent.

Pourtant, derrière l’enthousiasme des Français, la révolte gronde. Journalistes et téléspectateurs dénoncent la censure et la désinformation.

L'ORTF, muselée par la censure ?

En 1949, l’Etat crée la RTF pour accompagner et, surtout, encadrer le développement de la radio et de la télévision. Très vite, son manque d’autonomie est pointé du doigt. Mais, pour le général de Gaulle, hors de question de se séparer de ce précieux porte-parole qu’est la télévision !

Quinze ans plus tard, la création de l’ORTF ne présente donc qu’un mince progrès en matière d’indépendance. Le nouveau service public n’est plus sous l’autorité directe de l’Etat, mais il reste sous sa tutelle. Chaque jour, le contenu des programmes est contrôlé par le Slii (Service de liaison d’information interministériel)… La censure demeure et la contestation grandit.

En mai 1968, alors qu’éclatent les premiers affrontements entre étudiants et CRS, la télévision reste muette… ou presque : la direction autorise la diffusion de quelques brèves images, sans le son. Exaspérés, journalistes et personnel se mettent en grève. Ils dénoncent la scandaleuse carence d’information du public et la précarité de leur statut. Mais presque tous seront licenciés…

Un an plus tard, le nouveau président de la République, Georges Pompidou, entame une politique de libéralisation de l’audiovisuel, sous l’impulsion de son Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas. Le ministère de l’Information est supprimé et un vent de liberté semble souffler sur les ondes. Mais l’épisode est de courte durée et l’emprise gouvernementale reste considérable.

L’ORTF, mastodonte sclérosé aux 12 000 salariés, agonise sous le poids des critiques. On dénonce tout particulièrement la publicité de marque qui vient de faire son apparition sur le petit écran. La lassitude est immense… Alors les radios pirates s’emparent des ondes et les auditeurs se précipitent.

Quand est-ce que l’ORTF disparaît ?

Après la disparition de Georges Pompidou, le nouveau président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, confie à Jacques Chirac, son Premier ministre, la réforme de l’audiovisuel.

Malgré les grèves et les fortes pressions sociales qui dénoncent un projet de loi bâclé et la suppression de nombreux postes, l’ORTF est démantelé au profit de sept nouveaux organismes autonomes. Mais, contre vents et marées, le monopole est maintenu… Il faudra attendre les années 1980 pour que soit enfin mis un terme au monopole de l’Etat sur l’audiovisuel.

 

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Réalisateur : Flore-Anne d'Arcimoles

Producteur : INA, France Télévisions, RTS

Auteur : Flore-Anne d'Arcimoles

Production : 2019

Publié le - Mis à jour le 09-05-2019

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