S'inspirer de l'approche anglo-saxone de l'immigration

L'enjeu de la nouvelle pédagogie de l'histoire de l'immigration est de sortir à tout prix l'élève du contexte négatif que l'histoire et la représentation médiatique ont assigné au phénomène de l'immigration.

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En France, l'immigration est systématiquement vécue en référence à une position sociale. Sortir de l'actualité pour entrer dans le champ historique est donc une absolue nécessité. Derrière les mots « immigrés », « sans papier » qui balisent un discours manichéen et « dépersonnalisant », c'est le point de vue de l'historien qu'il s'agit de privilégier, pour entrer dans le champ de la mémoire collective. D'autant que l'histoire de l'immigration est aujourd'hui une histoire écrite. Elle est prête à s'imposer en France comme une véritable matière, à l'image des « ethnic studies » développées aux Etats-Unis dans les années 1960, dont l'objectif était d'apporter des éléments de réponse aux élèves pour qu'ils se constituent une véritable culture de citoyen.

Vers une nouvelle pédagogie de l'immigration

Il est intéressant de constater qu'il subsiste en France d'étonnantes et différentes façons d'appréhender le concept d'immigration en comparaison avec des pays comme le Canada ou les Etats-Unis. Chez l'Oncle Sam, un consensus existe sur la notion de migrants. Ainsi, la loi de 1972 sur l'héritage ethnique américain prend en compte la diversité des groupes. Les élèves américains travaillent sur les étapes, les personnages et les concepts, avec comme objectif pratique de valoriser leur ascendance. Dès leur plus jeune âge, les écoliers réalisent des « family trees » pour déterminer l'identité du premier migrant de la famille. Dans le « civic engagement » au Canada, pays du multiculturalisme, on intègre également l'immigration dans le cadre de cours favorisant largement l'action pédagogique de terrain. Dépassant les enjeux sociaux du racisme, l'image de l'immigration demeure, quel que soit l'âge de l'élève, très positive. Du coup, le champ lexical de l'immigration, chez les jeunes Américains et Canadiens, fait toujours référence à des notions positives de « travail », « d'espoir », de « richesse ». De leur côté, les jeunes Français associent l'immigration aux termes négatifs de « racisme », de « cité » et de « sans papier ».

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L'identité « transnationale », le nouveau concept

Pour permettre aux élèves de confronter leur propre mémoire à la mémoire historique, l'enseignant tente de trouver les échos que l'élève doit chercher dans sa famille pour faire résonner son propre parcours, car parler de l'immigration ne doit pas se borner à citer un pays d'origine. Le fait migratoire doit être désormais abordé comme une dynamique, à l'image des diasporas qui se tissent à travers le monde. Un nouveau concept vient alors renforcer le champ pédagogique de l'histoire de l'immigration : celui « d'identité transnationale ». Un concept plus adapté aux réalités de l'enseignant, amené à travailler sur le « vivre ensemble ». 

Publié le - Mis à jour le 17-05-2018

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