Des idées reçues sur l'immigration à relativiser

Idée reçue n°1 : Les immigrées constituent l'essentiel du développement démographique français.

En affichant un taux de natalité légèrement supérieur de 1,5 de plus que les Françaises, les femmes étrangères vivant sur le sol français contribuent pour 12,5 % à la natalité du pays. Un chiffre loin de faire exploser le taux de fécondité, ce dernier étant limité à + 0,1 enfant. Ce faible taux s'explique tout simplement par la proportion peu élevée d'étrangères en France sur la totalité de la population des femmes en âge d'avoir un enfant. L'immigration a contribué à hauteur de 20 % au nombre total des naissances en France depuis 1960, mais n'influence qu'à la marge le taux de fécondité. Selon la démographe Michèle Tribalat, la première génération née en France a déjà adopté le modèle français.

Idée reçue n°2 : L'immigration clandestine représente une « invasion masquée »

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L'immigration irrégulière est un phénomène à relativiser en France. En 1998, la commission d'enquête du Sénat sur la régularisation des clandestins estimait que le nombre d'étrangers en situation irrégulière se situait entre 350 000 et 400 000. Un chiffre que l'ensemble des démographes s'accordent à trouver faible. François Héran, directeur de l'Institut national des études démographiques, attribue la relative faiblesse de l'immigration clandestine dans notre pays à deux facteurs : d'une part, les régularisations se pratiquent depuis longtemps au cas par cas. Il n'y a plus d'opérations de régularisation massives attirant un nombre important de clandestins. D'autre part, l'encadrement du marché du travail ferait obstacle au développement du travail dissimulé.

 

Idée reçue n°3 : Nous allons vers l'immigration zéro

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Tarir le flux migratoire est une utopie. Pire, il serait dangereux pour l'économie de notre pays de fermer totalement les frontières. La problématique de la reprise de l'immigration doit être posée au public le plus rapidement possible. Dans le cas français, l'immigration a toujours été liée aux rythmes de l'activité économique. Les trois grands cycles d'immigration que sont la fin du XIXe siècle, l'entre-deux-guerres et les années 1950-1970 seront, selon toutes probabilités, suivis d'un quatrième cycle nécessitant le recours à la main-d'œuvre immigrée entre 2010 et 2030. Le vieillissement de la population et le besoin de main-d'œuvre dans le BTP, l'hôtellerie-restauration, les services aux personnes âgées ou l'informatique anticipe un retour d'immigration qui est déjà perceptible chez nos voisins.

Publié le - Mis à jour le 17-05-2018

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