Bref état des lieux de l'immigration en France

La France est un pays d'immigration qui s'ignore ! Pas étonnant, si l'on constate la place traditionnellement ténue de l'histoire de l'immigration dans les programmes et les manuels. Répondant à cette lacune, l'Institut national de recherche pédagogique (INRP) a réalisé une enquête sur l'état actuel de l'enseignement de l'histoire de l'immigration. Grâce à l'analyse systématique des prescriptions scolaires, des observations de pratiques actuelles et du suivi des démarches innovantes, l'Institut national de recherche pédagogique, en collaboration avec l'académie de Créteil et son CRDP ont remis leur rapport à l'occasion de l'ouverture la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.

L'histoire de l'immigration à la croisée des chemins

Dans un article de synthèse, paru dans le n° 936 du magazine TDC, Benoît Falaize, chargé d'étude et de recherche à l'INRP, dresse le contexte général de l'enseignement de l'histoire de l'immigration. Première remarque, le sujet semble largement demeurer une histoire « étrangère à la France ». On remarque un intérêt croissant de l'école primaire, qui poursuit des axes d'études diversifiés. Ainsi, l'histoire de l'immigration est fréquemment abordée dans le cadre de l'histoire familiale des élèves. Côté programme, le collège reste à la traîne. C'est en classe de première STG que le sujet est davantage pris en compte. Parmi les pratiques transversales aux différentes disciplines, le cours de géographie arrive en pôle position, dans le cadre des questions démographiques et des flux migratoires dans le monde. L'éducation civique et l'ECJS, qui traitent les notions de nationalité, de tolérance, d'asile et d'intégration, permettent également à l'enseignant d'aborder le thème de la place des étrangers dans la société française.

Une pédagogie ethnocentrique

Image Contenu

L'enseignement de l'histoire de l'immigration demandent aux enseignants d'aller au-delà de leurs représentations : le travail pédagogique réalisé à travers l'histoire familiale (« Ta famille vient de quel pays ? ») apparaît ainsi comme une « assignation à résidence identitaire », une « clôture qui enferme l'élève dans l'altérité », alors même que ses propres repères ne dépassent pas l'horizon géographique de son quartier. L'enquête de l'INRP souligne également la confusion fréquente entre la référence faite au fait historique et celle faite à la thématique coloniale, qui brouille les cartes de l'enseignant comme celles de l'élève. L'immigration, aujourd'hui vue comme une discipline « à risques », bénéficiera certainement dans les prochaines années d'une nouvelle approche pédagogique visant à ne plus traiter celle-ci en épiphénomène mais en élément constitutif de l'identité de l'élève, voire de l'enseignant.

Pourquoi enseigner l’histoire de l’immigration ? La réponse de Benjamin Stora, président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et inspecteur général de l’Education nationale.
Publié le - Mis à jour le 17-05-2018

Recommandations