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Jeunesses hitlériennes : l'endoctrinement par les chansons 

En 1396, le Parti nazi est au pouvoir depuis déjà trois ans. La Hitlerjugend absorbe les autres mouvements de jeunesse encore en activité, et compte alors 5 millions de membres. Que ce soit lors de leurs activités en groupe, ou à l’occasion de grands rassemblements du Parti, les jeunes chantent. Ils chantent fort, reprenant en cœur l’hymne des Jeunesses hitlériennes, qui promet une obéissance et un dévouement absolus au führer.

« Quand on était rassemblé, on chantait tout le temps. Ce qui était important, c'était de chanter fort. »

« On marchait en colonnes dans la rue, il y avait des colonnes, de la musique, des tambours, des trompettes, un drapeau, et les gamins de 10 ans qui défilent... Il faut se l'imaginer ! Les parents sont aux fenêtres, alors, on est fier... »

« On chantait "En avant ! En avant ! Chantent les joyeuses fanfares. En avant ! En avant ! La jeunesse se moque du danger. Führer, nous t'appartenons. Tous les camarades t'appartiennent. Et le drapeau nous conduit vers l'éternité ! Oui, le drapeau est plus fort que la mort !" Bien sûr, aujourd'hui, ces paroles ont un arrière-goût masochiste. Mais à l'époque, nous étions des enfants. »

des chants de dévotion et antisémites

Les lois de Nuremberg alimentent la haine et l'antisémitisme. Les chansons changent de thème.

« Nous passions régulièrement devant un magasin tenu par un Juif. Là, on nous ordonnait de scander "Les Juifs, dehors ! Foutez-la dehors, toute cette bande de Juifs, foutez-la hors de notre patrie !" Puis, dans la chanson originale, ça continuait avec des précautions pour que ça ne revienne pas : "Et coupez-leur la tête et les jambes, sinon ils reviendront." Nous le chantions sans nous poser la moindre question. Pourtant, nous étions déjà des lycéens. »

Salomon Perel est un jeune garçon juif qui échappe à la déportation en se faisant passer pour un jeune hitlérien. 

« On chantait en marchant : "Quand le sang juif gicle sous le couteau, nous nous portons d'autant mieux". J'avais complètement oublié que j'étais Juif. » 

En 1941, Hitler déclenche son attaque surprise contre l'Union soviétique.

« Je me souviens d'une chanson dont le titre était "Attention, Jeunesses hitlériennes" : "Les rouges sont vaincus. Toute cette racaille de pontifes sont par terre. Et là se lève le petit bourge lâche qui jamais encore n'a combattu, qui jamais encore n'a perdu son sang. Vous, les bourges et les pontifes, soyez sur vos gardes. Nous allons vous fracasser les os et incendier vos temples." J'ai du mal à croire aujourd'hui que c'était ça, le texte. »

Avril 1945 : l'armée rouge entre dans Berlin. Les Hitlerjungen sont les derniers à défendre la ville.

« Un jour, lors d'un bombardement, un de mes bons camarades est mort. J'ai alors écrit une chanson héroïque, patriotique : "Toi, tu es tombé sur le champs d'honneur, mais nous, les camarades, nous allons continuer à nous battre pour le führer et toute la patrie" Nous chantions vaillamment en marchant : "Nous sommes nés pour mourir pour l'Allemagne." Pourquoi pas "pour vivre pour l'Allemagne" ? »


C’est en 1932, dans un stade bondé, où plus de 50 000 jeunes sont venus l’accueillir, que Hitler comprend que les jeunes sont devenus l’avenir de son mouvement et l'incarnation de l'Allemagne dont il rêve. Découvrez l'histoire des Jeunesses hitlériennes.

Réalisateur : David Korn-Brzoza

Producteur : ZED; France Télévisions

Auteur : David Korn-Brzoza

Production : 2017

Publié le - Mis à jour le 06-06-2019

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