Les années folles : extrême droite contre surréalistes

Paris, années folles

Chargement de la playlist en cours...

Mais au-delà des années folles, économiquement c’est la misère qui règne. Dans les grands terrains vagues qui entourent Paris survivent les plus pauvres, les pieds dans les ordures et la boue.

La France a beau être la première puissance du continent, elle est aussi ce pays misérable de chiffonniers, de traîne-misère et de ramasse mégots…La situation économique est mauvaise. L'Armistice avec le traité de Versailles a laissé le pays en proie à une grave crise monétaire. L’inflation bat des records et les files s’allongent à la porte des soupes populaires.

A la tête de l’État, personne ne semble trouver de remèdes, personne n’arrive à revenir à la situation d’avant-guerre qui apparaît comme un page d’or à jamais perdu.

Cette crise économique et politique profite à l’extrême droite. Monarchistes, ultra-nationalistes et antisémites, l’Action française de Charles Maurras est en plein essor.

L’extrême droit a elle aussi ses artistes, qui sont pour la plupart, tombés dans un oubli complet. Maxime Real del Sarte est l’un des représentants de cet art académique qui honore les commandes officielles. Sculpteur catholique, il est aussi le fondateur des camelots du roi, groupuscule monarchiste spécialisée dans l’action violente.

Pour eux, la vie libre et cosmopolite qui s’invente à Montparnasse et à Montmartre c’est la dégénérescence de la nation.

Au milieu des années 1920, la basilique de Montmartre se pare d’une nouvelle gardienne : Jeanne d’Arc. Depuis sa canonisation, l’héroïne nationale est à la fois une guerrière et une sainte. De son promontoire, elle semble adresser un message menaçant à cette jeunesse insouciante et assoiffée de vivre.

On assiste alors au bras de fer entre deux conceptions du monde : la France conservatrice contre le Paris des années folles. Le monde d’hier contre le monde de demain.

A Montparnasse, l’avant-garde c’est elle aussi radicalisée. Depuis le milieu des années 1920, la plupart des artistes ont rejoint le surréalisme. André Breton, Marx Ernst, Paul Eluard, Salvador Dali ou encore Luis Buñuel.

Ecriture automatique, rêve éveillé, cadavre exquis, hypnose…leurs expérimentations sont autant d’actes politiques. Dans leur ligne de mire, il y a la morale, l’armée, l’Église, et tout ce qui, de près ou de loin, s’apparente à l’ordre établi. Le surréalisme est alors un mouvement internationaliste, un temps proche du parti communiste.

Dénoncés comme des bolchevicks, des apatrides, des débauchés, des blasphémateurs, les surréalistes sont le cauchemar de la société bourgeoise. 

Réalisateur : Fabien Beziat

Producteur : Program 33

Production : 2012

Publié le - Mis à jour le 27-05-2019

Recommandations