L’émigration pour fuir le bloc soviétique s’accentue à la fin des années 1980

La RDA avait réussi à contenir l'immigration vers l'Allemagne de l'Ouest grâce à des mesures très dures concernant le contrôle des frontières et à une amélioration du niveau de vie dans les années 70.

La fin des années 1980 voit la situation se modifier. La jeunesse est lasse d'attendre « des lendemains qui chantent » qui ne viennent pas. Les télévisions qu'il est souvent difficiles de brouiller apportent des images d'un monde occidental libre et sans queue devant les magasins.

Dans tous les pays communistes, se développent dans l'opinion des demandes d'amélioration économique et d'aspiration à plus de liberté. La volonté d'émancipation et d'autonomie grandit dans toutes les couches de la société, atténuée principalement par l'embrigadement, le contrôle ou la corruption qui maintiennent les populations dans la peur. La seule issue possible pour beaucoup devient la fuite du régime. L'émigration vers d'autres pays s'accentue...

Le désir de fuite augmente. Les Allemands de l'est, autorisés à voyager dans les autres pays communistes, affluent en Tchécoslovaquie et en Hongrie, occupent des ambassades occidentales.

A partir de 1988 commence une poussée des migrations vers la RFA. Les mouvements de populations dans les démocraties populaires vers l'ouest s'accélèrent et connaissent un pic en 1989. Alors qu'en 1988 les arrivées en RFA avaient été de 43 300 personnes et les départs vers la RDA de 2 500 personnes, le mouvement s'accélère brusquement au printemps et surtout à l'été 1989 : 4 600 départs en janvier, mais 12 400 en juin, 21 000 en août et 57 000 en octobre.

Face à cet afflux d'immigrants souhaitant quitter les pays du bloc communiste, la Hongrie cède la première et à l'été 1989, elle ouvre sa frontière vers l'Autriche permettant à des milliers d'Allemands de l'est de fuir vers l'occident.

Si au début de l'année 1989, 80 % de cette émigration se fait encore avec une autorisation, celle-ci n'est plus la règle que dans un cas sur deux durant l'été. La fuite massive des « touristes » est-allemands par la Hongrie ou la Tchécoslovaquie alimente la contestation intérieure et forme une spirale qui bientôt conduit le régime à sa fin.

Ainsi du 1er janvier au 31 octobre 1989, plus de 167 000 personnes quittent la RDA. Et du 1er novembre à la fin de l'année 89, les départs se chiffrent à 176 500 personnes, dont 133 000 pour le seul mois de novembre...

88 % des migrants Est-Ouest ont moins de 45 ans : 42 % se trouvant dans la classe d'âge 25-45 ans et 23 % ayant moins de 15 ans. Cela confirme une émigration par familles entières, phénomène que l'on observe en général dans des migrations définitives.

Publié le - Mis à jour le 03-02-2015

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