Droits civiques aux États-Unis : l'intégration active

C’est dans le mouvement des droits civiques aux États-Unis que sont nées les politiques de discrimination positive et les opérations de testing, appliquées encore aujourd’hui dans de nombreux pays.

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L’attorney General (ministre de la Justice) Robert F.Kennedy,
s’adressant à la foule, devant le ministère de la Justice
Washington, le 14 juin 1963.
Photo © Warren K. Leffler, U.S. News & World Report Magazine.
Source : Library of Congress,
Prints and Photographs Division, Washington D.C.

En 1961, le président John F. Kennedy signe un décret sur l’affirmative action (discrimination positive) obligeant les programmes financés par le gouvernement fédéral à prendre des mesures contre la discrimination raciale à l’embauche. La mesure est élargie sous la présidence de Johnson, qui signe en 1965 un décret sur l’Equal Opportunity Employment (égalité des chances dans l'emploi) visant les entreprises de travaux publics dans leur politique d’embauche. Parallèlement, dans le sillage des organisations militantes, les premières opérations de testing voient le jour, comme en 1966 à Chicago où des testing sont réalisés par des couples noirs ou blancs qui dévoilent les pratiques discriminatoires de sociétés immobilières.

L'Office of Federal Contract Compliance Programs, créé par le président Johnson, est aujourd’hui toujours actif et veille au respect de l’égalité et de la discrimination positive à l’embauche dans toutes les entreprises travaillant avec le gouvernement américain.

L’efficacité de la discrimination positive reste débattue aux Etats-Unis, où elle s’étend à l’ensemble des minorités ethniques (afro-américains, amérindiens, asio-américains, …) et à d’autres domaines que les emplois liés aux programmes fédéraux. Elle vise à promouvoir la représentation des minorités ethniques dans les emplois qualifiés, les médias, les universités, etc. Elle a obtenu des résultats concrets en permettant notamment un plus grand accès aux universités des étudiants issus des minorités.

Mais elle a été remise en cause dès la fin des années 70.  Dans son arrêt de 1978, Regents of the University of California versus Bakke , la Cour suprême déclare conforme à laConstitution l’utilisation du critère de « race » dans la sélection à l’admission dans les universités, mais anticonstitutionnel l’institution de quotas rigides. La Cour suprême a franchi un pas supplémentaire dans un arrêt rendu le 28 juin 2007 à une courte majorité : les écoles publiques ne peuvent utiliser la discrimination positive pour garantir la mixité raciale dans leur établissement.  

Publié le - Mis à jour le 16-02-2016

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