Clin d’œil - La création de Cargèse

Clin d'œil en Méditerranée

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Savez-vous pour quelle raison la ville de Cargèse peut s’enorgueillir de deux églises construites au XIXe siècle et qui se font face paisiblement ? Aujourd’hui, revenons sur l’histoire de sa création.

Comment Cargèse s'est-elle construite ? 

Tout  a commencé dans les années 1670, dans le sud du Péloponnèse alors que les turcs qui dominent la Grèce continentale malmènent les populations. Pour fuir leurs exactions grandissantes, près de 800 habitants réfugiés dans les montagnes chargent Ioannès Stephanopoulos, un grec respecté de Maïni, de leur trouver une terre d'accueil. L'Italie ne lui offe aucun secours mais la République de Gênes lui propose une solution. Le Sénat accorde à la petite communauté un territoire sur la côte occidentale de la Corse et prête 40 000 livres à la colonie pour son installation. Stephanopoulos n'a aucun mal à convaincre les habitants de la presqu'île du Magne de partir s'installer dans la piève de Paomia où terrains et hameaux sont abandonnés au maquis depuis 3 siècles. Après un périlleux voyage, entre les ravages de la maladie, les tempêtes et les attaques impitoyables des turcs et des pirates; ce sont 600 rescapés sur les 1100 faisant partie de l'exode qui débarquent en 1676 à Sagone et se mettent en route pour Paomia.

L'intégration des grecs en Corse 

Désireux de plaire aux autorités de l'île et pour prouver qu'ils veulent s'intégrer dans la société corse, les migrants acceptent de faire suivre leurs nom du suffixe -ACCI ou -OLI. C'est ainsi que les Stephanopoulos, les Papadakos et les Zanetakos deviennent les Stefanopoli, Papadacci et Zanettacci pour ne citer que ces patronymes. L'intégration se poursuit sans heurts et les grecs prospèrent, cultivant la terre et reconstruisant les maisons en ruines.

Mais en 1729, le conflit qui oppose la Corse et la République de Gênes rend la population locale de plus en plus nerveuse. Les villages voisins attaquent alors la colonie grecque, alliée de leur ennemi. Le village et les terres sont dévastés, mais la petite communauté réfugiée dans la Tour d'Omigna est épargnée. Refusant malgré tout de se rallier aux généraux corses dans le conflit, le groupe qui compte désormais plus de 800 personnes trouve finalement refuge à Ajaccio. Là, l'ancienne chapelle de la Madonna del Carmine, sur la route des Sanguinaires leur est accordé comme lieu de culte et devient la chapelle des grecs. Quelques années plus tard en 1773, Louis XV accorde officiellement le territoire de Cargèse aux grecs pour les récompenser de l'aide qu'ils ont apporté aux troupes françaises dans la reconquête de l'île. 120 maisons y sont alors construites : Cargèse vient de naître. Une cinquantaine d'années plus tard, les relations s'apaisent et la communauté gréco-corse de Cargèse s'épanouit sereinement comme en témoigne désormais fièrement ses 2 églises, séparées par un jardin, l'une étant de rite grec, l'autre de rite latin. 

Réalisateur : Laure Coeroli Fernandez

Producteur : France 3 Corse ViaStella

Auteur : Anne-Laure Gérôme

Diffuseur : France 3 Corse ViaStella

Production : 2018

Diffusion : 2018

Publié le - Mis à jour le 13-12-2018

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