Présidentielle, l'ombre russe ?

La fabrique du mensonge

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Pendant la campagne présidentielle de 2017, le candidat Emmanuel Macron et ses équipes ont fait face à des attaques informatiques massives et à la publication de fake news. Toutes ces manœuvres sont autant de tentatives d’ingérence étrangère visant à interférer dans le processus démocratique et qui auraient pu influer sur les résultats de l'élection présidentielle française.

Comment déjouer les tentatives d'ingérence ?

En 2016, alors que la France se prépare aux élections présidentielles, aux États-Unis, la victoire de Donald Trump face à Hillary Clinton est entachée par de forts soupçons d'ingérence russe. Briefés par le ministère de la Défense, les candidats à l'élection française et leurs équipes vont mettre en place des stratégies pour protéger leur campagne et rebondir en cas d'attaques. 

Rumeurs sur la vie privée

Début février 2017, un journal russe publie une interview de Julian Assange, le dirigeant de Wikileaks, disant posséder des informations intéressantes sur le candidat Emmanuel Macron. Vingt-quatre heures plus tard, un article du média online Sputnick, proche du Kremlin, relaie une interview d'un député Les Républicains présentant Emmanuel Macron comme un agent des États-Unis soutenu par le lobby homosexuel. En parallèle, sur les réseaux sociaux, d'autres rumeurs circulent sur la vie privée du candidat.

Pendant toute la durée de sa campagne jusqu'au grand débat où Marine Le Pen, s'appuyant sur des informations russes, l'accuse de posséder un compte offshore aux Bahamas, Emmanuel Macron a dû adapter son discours. À quel moment affronter une rumeur ? Selon Mounir Mahjoubi, le dirigeant de la campagne numérique d'Emmanuel Macron, « il faut essayer de cerner jusqu'à quel point le mensonge est en train d'emporter la conviction d'une partie de plus en plus importante du public. » 

Attaques informatiques organisées et coordonnées

Le 13 février 2017, Richard Ferrand, directeur de la campagne d'Emmanuel Macron, dénonce une intensification des attaques informatiques – 4 000 en un mois – dont il ne cache pas l'origine russe. Pour récupérer les données du camp Macron et connaître ses prises de position, notamment en politique étrangère, les hackers utilisent la technique du fishing (mail envoyé en se faisant passer pour un interlocuteur de confiance).

Début avril, un groupe puissant et structuré de hackers russes, le même qui a été à l'origine de la fuite des mails lors de la campagne d'Hillary Clinton, est identifié : Pawn Storm. Trois jours avant le second tour, au moment où Emmanuel Macron et ses équipes n'ont plus le droit de s'exprimer jusqu'au vote, les mails de 5 collaborateurs sont piratés. La fuite est relayée par Wikileaks sous le nom de Macronleaks. Les équipes d'En marche en appellent alors à la responsabilité des médias français en leur demandant de ne pas évoquer ce piratage. La majorité des journalistes français choisissent de ne pas relayer des informations qu'ils n'ont pas le temps de vérifier, d'autant plus que les équipes d'En marche avaient employé au préalable la technique du « blurring » visant à semer de faux messages dans leurs boîtes mail afin de  noyer les pirates sous l'information et le ralentir. 

Réalisateur : Arnaud Lievin

Producteur : Together et TV Presse

Auteur : Félix Suffert-Lopez, Arnaud Lievin

Publié le - Mis à jour le 24-04-2019