Le journalisme, un sport de combat

Les attentats contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 nous ont cruellement rappelé que le journalisme est plus que jamais un métier à risque. Les conditions d'exercice ne sont pas toujours aussi dangereuses mais produire une information de qualité est un sport de combat au quotidien.

Un métier à risque dans le monde

En 2015, le rapport annuel de Reporters sans Frontières relève que 110 journalistes ont été tués en raison de leur métier - ou décédés de morts suspectes - auxquels il faut ajouter 27 journalistes citoyens et 7collaborateurs de médias. Le droit à l'information a un coût démesuré qui ne peut se comprendre qu'à la hauteur des enjeux : la liberté de la presse est une condition vitale de tout régime démocratique. Cet enjeu revêt un caractère essentiel dans des pays en guerre ou des régimes autoritaires mais les attentats de janvier,

en France, rappelle que c'est un enjeu global et mondial. La Syrie, l'Irak et la France ont ainsi été les pays les plus touchés.

Les journalistes professionnels sont aussi victimes de prises d'otage (54 en 2015, + 35% par rapport à 2014) ou d'incarcérations (153, - 14%), tout comme les journalistes citoyens d'ailleurs. La Chine et l'Egypte sont les pays dans lesquels ces pratiques sont les plus développés.

Ces actes visant à empêcher l'information ne doivent pas non plus masquer les obstructions quotidiennes au travail d'enquête qui sont plus difficilement quantifiables.

Un métier sous pression en France

Selon le classement mondial actuel pour la liberté de la presse réalisé par la même ONG, la France ne se classe qu'au 38e rang sur 180 pays. Elle a gagné une place par rapport à l'année précédente mais en aperdu 27 depuis 2002 !

Le rapport explique cette position par l'application de la loi de programmation militaire qui, par l'autorisation de mises sur écoute administrative, fragilise le secret des sources des journalistes. La loi protégeant davantage ce secret des sources n'a elle pas encore été adoptée. Surtout, les conflits d'intérêts élevés sont pointés par le rapport, conflits d'intérêts liés à la propriété même des médias.

Le baromètre sur la confiance des Français dans les médias réalisé par TNS Sofres pour La Croix rappelle chaque année que ce dernier point est source de méfiance vis-à-vis de l'information fournie. Ainsi, en

janvier 2016, 64% (+ 6) des Français croient que les journalistes ne résistent pas aux pressions des partis politiques et du pouvoir. 58% (+5) de l'échantillon pensent que les "pressions de l'argent" limitent leur indépendance.

Un métier plébiscité par les citoyens

Néanmoins, et selon la même enquête, 70% des Français suivent les nouvelles données par les moyens d'information avec grand intérêt. Le travail des journalistes restent donc fondamental et plébiscité.

Plus qu'une remise en cause totale, ces chiffres devraient inciter les citoyens à aiguiser leur esprit-critique face à l'information, réflexe plutôt positif finalement.

Le succès, à leur échelle, de certains médias comme Mediapart, certaines émissions comme Cash Investigation sur France 2 ou de certains journalistes comme François Ruffin ou Pierre Carles démontrent que les Français restent attachés à l'indépendance des médias. Pointe émergée de l'iceberg médiatique, ces professionnels symbolisent le combat mené au quotidien par les journalistes pour fournir une information de qualité. Paradoxalement, on constate l'efficience et la vitalité du IVe pouvoir au regard des réticences qu'il génère !

Sources et ressources

Site de Reporters sans frontières

TNS-Sofres pour La Croix, "Baromètre 2016 de confiance des Français dans les media", 02.02.2016

Publié le - Mis à jour le 16-05-2018

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