Comprendre la crise financière

Pour comprendre la crise contemporaine, on peut s’aider d’un certain nombre d’images.  Evidemment, elles ont leurs limites pour rendre compte de la complexité du mécanisme. Mais, elles permettent de comprendre l’enchaînement des phénomènes.

C’est au deuxième trimestre 2006 que la crise financière se déclenche réellement avec  ce que l’on a appelé la crise des subprimes. Les banques et organismes de crédit américains avaient développé au cours des années précédentes, la distribution de crédits immobiliers risqués auprès de personnes avec un risque de non-remboursement. Pour permettre ces prêts, les banques demandaient une garantie avec l’hypothèque de la monnaie en cas de non remboursement. C’est ce qui s’est produit. Lorsque les ménages modestes devant des taux d’intérêt variables qui augmentaient n’ont plus pu rembourser leurs intérêts, leurs maisons ont été saisies et ils ont été expulsés. Devant l’afflux de maisons sur le marché immobilier, leur valeur a baissé, et avec elles, la valeur des créances détenues par les banques. Les  banques détenaient des garanties qui ne valaient plus rien…

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Ce qui a contribué à la diffusion de la crise c’est aussi latitrisation. cette opération, extrêmement complexe, consiste à transformer ces reconnaissances de dettes en valeurs échangeables sur le marché boursier. c’est le rôle d’organismes appelés les “rehausseurs de crédit”. mais pour pouvoir faire accepter ces créances hypothécaires risquées par les spéculateurs, ils les mélangent avec d’autres créances moins risquées. Ce tour de passe-passe fait croire à un placement à la fois sûr et très rentable. A la manière d’un commerçant indélicat qui glisse des fraises pourries à l’intérieur de la barquette sans que le consommateur ne s’en aperçoive…

Au final, ce qui a favorisé la crise c’est bien sûr la spéculation. chaque acteur du marché financier cherche à réaliser une plus value en revendant ces titres plus cher qu’il ne les a acquis. la valeur des actifs détenus par les différents agents économiques s’élève sous l’effet de la spéculation et ne correspond plus à la valeur réelle des biens sur lesquels sont gagés ces titres. pour rester dans une métaphore culinaire, le marché financier est un soufflé dont la taille (la valeur financière) s’est accrue alors que la matière qui le compose (l’économie réelle) reste faible.

Mais le sort des soufflés est quelquefois de retomber… Le retournement s’est opéré dès 2006 avec la baisse de la valeur des biens immobiliers et s’est accentué à l’été 2008 avec la faillite des organismes de crédit dans l’incapacité de rembourser leurs dettes à cause des “emprunts toxiques” disséminés dans toute l’économie par la titrisation.

Car ce qui caractérise les économies modernes c’est leur interdépendance renforcée d’ailleurs par la mondialisation. La faillite d’une banque risque d’entraîner celle de toutes les autres dès l’instant où les garanties disparaissent et où il y a une crise de confiance. L’image des dominos qui tombent les uns après les autres a souvent été utilisée pour caractériser ce qu’on appelle aussi le “risque systémique”. c’est la crainte de ce risque qui a conduit les états à proposer dès septembre 2008, des mesures de garanties des prêts bancaires et des plans de sauvetage afin que les banques continuent à prêter ce qui est vital pour le système.

Car en effet, si les banques ne se prêtent plus entre elles et ne prêtent plus aux entreprises et aux ménages, la crise s’étend. D’une crise financière on passe à une crise économique. Les entreprises ne peuvent plus investir, les ménages n’achètent plus de logement ou de voitures (financés par le crédit). Ce qui contribue à diminuer l’activité économique et à augmenter le chômage.

En résumé, la crise actuelle met en évidence les faiblesses du système capitaliste résultant de la mondialisation. des économies interdépendantes et reliées entre elles par des mécanismes de plus en plus complexes mais des “règles du jeu” qui n’ont pas suivi cette évolution. la régulation et les politiques menées restent pour l’essentiel au niveau national.

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Publié le - Mis à jour le 11-01-2013

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