Les réalités de la crise de l'agriculture

 

Image Contenu

 

 

 

 

Le 20 juillet 2017, le gouvernement a donné le coup d'envoi des états généraux de l'alimentation : le Grenelle de l'alimentation. 

Ce qu'Emmanuel Macron, alors candidat, a présenté comme un « grenelle de l'alimentation » a pour objectif de trouver des solutions pour « permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de justes prix ». 

Des chiffres catastrophiques

  • 26,1 % : c’est la baisse du revenu moyen d’un agriculteur en 2016 par rapport à 2015.
  • L’endettement des agriculteurs français était de 50 000 € en moyenne dans les années 80, en 2012, il a atteint 171 600 €.
  • En 2016, l’excédent commercial agricole a perdu un tiers de sa valeur.
  • Il y a eu 3 fois plus de suicides d’agriculteurs en 2016 par rapport à 2015. C'est la 3e cause de mortalité chez les agriculteurs.

Des disparités

Selon ce qu’ils produisent, les exploitants sont plus ou moins touchés.

Revenus annuels moyens par secteur : 

  • porcins : 12 992 €/an
  • céréales : 16 709 €/an
  • lait de bovins : 17 539 €/an
  • viande de bovins : 18 835 €/an
  • ovins et caprins : 20 748 €/an
  • volaille : 28 130  €/an
  • fruits : 31 781 €/an
  • horticulture : 33 131 €/an
  • maraîchage : 35 390 €/an
  • viticulture : 51 720 €/an

L’écart entre le revenu moyen du quart des agriculteurs les plus pauvres, et celui des quarts des agriculteurs les plus riches, est bien plus élevé que dans l’ensemble du secteur privé (un ratio de 3,72 au lieu de 2,96).

La bipolarisation de l’agriculture

Les crises qui touchent le secteur agricole concernent essentiellement le modèle agricole traditionnel basé sur des surfaces d’exploitation moyennes. Les très petites surfaces et les grandes surfaces, elles, se développent.

Le développement des petites surfaces s’inscrit dans la logique du qualitatif : capacité à vite s’adapter aux évolutions des normes de qualité.

Le développement des grandes surfaces s’inscrit dans la logique du quantitatif. L’objectif est d’être compétitif sur le marché mondial, donc être le moins cher possible.

Entre les deux, les entreprises familiales traditionnelles disparaissent progressivement. Trop grandes pour se reconvertir et se positionner sur des produits qualitatifs, elles sont aussi trop petites pour réaliser des économies et concurrencer les très grosses exploitations.

Les AOP (appellations d'origine protégée) peuvent permettre aux exploitants agricoles de s'assurer un revenu plus élevé en protégeant la production. C'est le cas de l'AOP Comté. Le prix de vente moyen du lait plus élevé est permis par un système de coopératives regroupant les ateliers transformant le lait en Comté. Celles-ci imposent un cahier des charges strict garantissant une haute qualité du lait et une limitation de la production. Ce modèle de production permet aux éleveurs de protéger leur marge.

Les marges de la grande distribution sont les mêmes pour le Comté que pour d'autres secteurs : entre 30 % et 40 %. la grande distribution n'est pas ici à l'origine d'une amélioration, ni d'une dégradation de la situation des agriculteurs.

 

Contenus : Pierre Silvain
Graphisme : Grégory Rossi et Jonas Nujaym

Publié le - Mis à jour le 09-05-2019

Recommandations