La France peut-elle adopter la flexisécurité ?

Decod'éco - Saison 1

Chargement de la playlist en cours...

Donner de la flexibilité aux entreprises et de la sécurité aux travailleurs semble contradictoire. C’est pourtant ce que le concept de flexisécurité réalise.

Qu'est ce que la flexisécurité ?

Ce terme désigne une pratique apparue dans les pays scandinaves notamment, au cours des années 1990. Elle consiste à organiser le marché du travail autour de trois principes. Le premier est une faible protection de l’emploi : les entreprises peuvent embaucher et licencier facilement. Le deuxième est une indemnisation généreuse du chômage. Le troisième consiste à fortement encadrer les chômeurs dans leur recherche d’emploi. Ce qui passe par un effort de formation important et un suivi des demandeurs d’emploi aussi bienveillant qu’exigeant. La France doit-elle imiter ce modèle ?

La France doit-elle adopter la flexisécurité ? 

Ceux qui le pensent notent que le taux de chômage des pays qui l’ont adopté y est plus faible, que c’est chez eux que les travailleurs se déclarent parmi les plus heureux, et que la protection sociale y est très développée. L’explication de ce petit miracle serait la suivante : si les entreprises sont capables de s’adapter rapidement, elles peuvent évoluer, innover et produire de la croissance. Certes, des entreprises licencient ou disparaissent et des emplois avec. Mais de nouveaux emplois sont très vite recréés en nombre. S’il existe une main d’œuvre toujours formée et disponible, cette « destruction créatrice », comme l’appelait l’économiste autrichien Joseph Schumpeter, assure la prospérité. Ce serait la formule idéale pour vivre une mondialisation heureuse. 

En France, le précédent et l’actuel gouvernements ont affirmé vouloir instaurer une flexisécurité à la Française. On en est encore loin même si des réformes vont dans ce sens. En fait, il existe des doutes sur la faisabilité de ce projet. En effet, un élément central de la flexisécurité est la qualité du dialogue social. Il permet de trouver en permanence un équilibre entre les deux volets, flexibilité et sécurité. Or, le taux de syndicalisation est faible en France et les relations entre syndicats et patronat ne sont pas au beau fixe. D’autre part, les moyens financiers consacrés au suivi des chômeurs doivent être importants. Or, un conseiller Pôle emploi suit en moyenne cent chômeurs en France, alors que son homologue suédois n’en suit que vingt. L’état de nos finances publiques permet-il de combler ce retard ? 

L’expérience scandinave est stimulante. Mais nous devrons peut-être faire preuve d’imagination plutôt que d’espérer la reproduire à l’identique.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : francetv éducation

Auteur : Stéphane Ménia

Production : 2017

Diffusion : 2017

Publié le - Mis à jour le 26-07-2018

Recommandations

Je t’accompagne dans
tes révisions du bac