Consommer local pour sauver la planète ?

Decod'éco - Saison 1

Chargement de la playlist en cours...

Acheter des produits locaux, c’est agréable. Rencontrer des producteurs sur les marchés, des commerçants qui aiment leurs produits, c’est plus plaisant et instructif que de pousser son caddie au supermarché. Mais c’est maintenant devenu une injonction morale : il faudrait acheter local pour sauver la planète, menacée par les émissions de gaz à effet de serre et les gaspillages engendrés par le transport de la nourriture sur des milliers de kilomètres. 

Pourtant, c’est très discutable. Le transport du producteur au consommateur ne représente que 4% des émissions totales générées par la nourriture. Et dans cela, le transport longue distance, par bateau ou même par avion, n’émet pas beaucoup car on y transporte de gros volumes. 80% des émissions de CO2 générées par le transport de la nourriture ont lieu à l'intérieur du pays de consommation : 30% proviennent du transport en camion, et 50% des trajets effectués par les acheteurs".  . Transporter un kilogramme de fruits dans une voiture est bien plus polluant que des tonnes dans un seul gros véhicule !

La plus grande part des émissions liées à l’alimentation vient d’ailleurs. Premier responsable, la production, qui en fonction du climat, peut générer d’énormes consommations d’énergie. Résultat, de nombreuses études ont montré qu’il est souvent préférable d’acheter un produit agricole qui a parcouru des milliers de kilomètres qu’un produit dont la fabrication locale consomme énormément d’engrais et d’énergie. Par exemple, 12 000 roses produites au Kenya et importées par avion génèrent 6 tonnes de CO2, contre 35 tonnes de CO2 pour les mêmes roses produites aux Pays-Bas, dont le climat impose de chauffer les serres au gaz naturel. Autre exemple, il vaut mieux acheter des tomates espagnoles (0.6 tonnes de CO2/tonne) que produites sous serres chauffées dans le nord de l’Europe  (2.4 t CO2/tonne). Il est même préférable de produire de l’agneau ou des pommes en Nouvelle-Zélande et les transporter en Grande-Bretagne  que de produire sur place : le climat y est bien plus favorable  et la production d’énergie moins polluante.

Ensuite, ce que vous choisissez de manger est très important. Ajouter un peu de lait dans votre café, ou chauffer de l’eau, génère bien plus de gaz à effet de serre que les grains de café produits à des milliers de km. L’élevage des bovins pour produire du lait et de la viande, localement ou non, génère d’énormes quantités de gaz à effet de serre, liées à la digestion de ces ruminants . Dès lors, consommer moins de bœuf et de mouton, plus de volaille, de poisson – du moins ceux qui ne font pas l’objet de surpêche, comme le thon rouge - ou moins de viande en général, réduit donc énormément votre empreinte environnementale. 
Enfin, le mode de préparation est aussi important. Vos pommes de terre peuvent être biologiques, provenir d’une ferme voisine, mais si vous les cuisez à l’eau sans couvercle sur la casserole, c’est l’équivalent environnemental d’aller en voiture manger des frites dans un fast-food.

Si vous voulez vraiment réduire votre empreinte environnementale, acheter local est au mieux une distraction. Consommez moins de viande, préférez les produits de saison et évitez de faire vos courses en voiture : c’est comme cela que vous aurez un effet positif sur la planète !

 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : francetv éducation

Production : 2017

Diffusion : 2017

Publié le - Mis à jour le 04-05-2018

Recommandations

Je t’accompagne dans
tes révisions du bac