Une économie plus que jamais instable : confirmation des thèses de Scumpeter

Publié le - Mis à jour le 10-02-2016

Particulièrement intéressé par la dynamique du capitalisme, Schumpeter est devenu l’auteur de référence dans l’explication des phénomènes cycliques de l’économie. Le recul dont nous bénéficions aujourd’hui et la récurrence, voire l’accentuation récente des crises, sont autant de confirmations de son analyse.

La validité des cycles de Kondratieff

Tout d’abord sur une longue période on peut voir une certaine validité dans l’existence des cycles de Kondratieff.

  • De la fin du XIXe siècle aux années 1950 aurait eu lieu le quatrième cycle long de Kondratieff, grâce aux progrès dans la chimie et les moteurs à explosion.
  • Les Trente Glorieuses seraient dues au développement du plastique et du moteur électrique.
  • Les années 1990 peuvent être analysées comme le début d’un nouveau cycle de Kondratieff avec le formidable essor de l’informatique et des NTIC.

Pas de « grappe d’innovations » sans investissements…

On peut cependant objecter plusieurs critiques à cette analyse des cycles basés sur des innovations majeures. Les innovations pointées par Schumpeter n’ont certainement pas produit leur effet pendant seulement 25 ans (la moitié d’un cycle Kondratieff).

Simon Kuznets, prix Nobel d’économie en 1971, souligne par exemple que la machine à vapeur avait eu des effets positifs tout au long du XIXe siècle et pas uniquement durant sa première moitié. On peut en effet se poser la question de la parfaite régularité d’apparition des grappes d’innovation dans l’analyse de Schumpeter. Les effets des grappes ne jouent pas seuls mais sont corrélés au rythme des investissements en recherche et en formation dans une économie.

Le paradoxe de Solow

Le dernier cycle en date, celui de l’informatique et des NTIC, semble faire attendre ses effets. La croissance des pays riches a certes connu une amélioration à la fin des années 1990. Mais en valeur absolue elle n’a rien de comparable avec celle des Trente Glorieuses. Ce phénomène est connu sous le nom de « paradoxe de Solow », du nom du prix Nobel d’économie en 1987, Robert Solow.

« On voit des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de la productivité ». À travers cette phrase devenue célèbre, l’économiste américain Robert Solow pointe la contradiction qui existe à cette époque aux États-Unis entre la croissance exponentielle des investissements dans les technologies de l'information et de la communication et la poursuite du ralentissement des gains de productivité depuis le début des années 1970.

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