Une alternative possible à la mondialisation ?

Absence d’alternative globale crédible

La vigueur de la crise économique de 2009 n’a pas nécessairement ouvert la voie à une autre mondialisation. Les altermondialistes n’ont d’ailleurs pas encore défini ce que pourrait être une alternative crédible. D’autres existent néanmoins, mais à une échelle nationale ou locale.

D’autres mondes sont possibles

Des États, principalement en Amérique latine (Venezuela, Bolivie), ont rompu avec les politiques « néolibérales ». Des communautés alternatives ont également voulu sortir du système économique dominant : les zapatistes au Mexique ou les paysans sans terre au Brésil. D’autres sont à l’origine d’éco-quartiers, d’éco-villages ou de villes en transition dont l’objectif est de réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole. Totnes, en Grande-Bretagne, est ainsi depuis 2006 la première ville en transition dans le monde.

Les relocalisations, une tendance limitée

Les pressions en faveur d’une relocalisation des activités dans leur pays d’origine émanent d’hommes politiques favorables au protectionnisme, et de mouvements écologistes ou décroissants. La relocalisation est aussi favorisée par différents facteurs : faible rentabilité, dans certains cas, des délocalisations dans les pays à bas coût de main-d’œuvre, augmentation des salaires dans ces pays ou du prix du pétrole, contrefaçons. Cette tendance, souvent médiatisée, reste cependant limitée.

La Taxe Tobin sur les opérations financières

Théorisée en 1972 par le prix Nobel d’économie James Tobin, la Taxation des transactions financières (TTF) est une taxe prélevée sur l'ensemble des transactions des marchés financiers (marchés boursiers, marchés de devises, marchés des produits dérivés et sur tous les produits financiers négociés par les professionnels des marchés financiers) à un taux siffisamment réduit (0,05 % et 1 %) pour ne pas décourager les transactions. Le volume des opérations concernées est censé compenser le faible taux appliqué. L’intérêt est, pour lui, de dissuader les spéculateurs à court terme et d’aider au développement, puisque les fonds récupérés seraient redistribués aux pays les moins avancés économiquement. Relancée par les altermondialistes durant les années 1990, puis par les responsables gouvernementaux, cette taxation a été votée par le Parlement européen en 2010 (par 536 voix contre 113), après la crise de 2009. À l’échelle de l’Europe, les députés de gauche porteurs du projet estimaient à 200 milliards d’euros annuels les bénéfices de cette taxe. 

Que veulent les décroissants ?

Le courant des décroissants, qui a un écho certain en France, rassemble les partisans d’une sortie de la société de consommation et d’une mise en cause du productivisme. Ce ne sont pas des adeptes de la récession, mais ils dénoncent les conséquences sur la société et l’individu de l’obsession de la croissance. La décroissance est donc à la fois un programme politique de transformation sociale et un mode de vie personnel alternatif.

ALBA, une alternative au libre-échange

L’alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique est une organisation de coopération politique, sociale et économique régionale en rupture avec les credo néolibéraux. Lancée en 2005 par Cuba et le Venezuela, elle compte aujourd’hui huit membres. Elle se présente comme un contre-projet par rapport à la zone de libre-échange des Amériques promue par les États-Unis. Elle est basée sur des principes alternatifs au libre-échange. 

 

Publié le - Mis à jour le 24-04-2019

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