Sortir du nucléaire : quelles conséquences ?

De profondes mutations sociales et énergétiques

Une sortie du nucléaire se traduirait par la nécessaire reconversion des emplois liés à ce secteur. Elle imposerait également un investissement important et immédiat dans d’autres techniques énergétiques. Dans un premier temps, cette sortie entraînerait probablement un recours plus important aux énergies fossiles au moins pour assurer la transition énergétique. Ce n’est qu’à plus long terme qu’on pourrait compter sur un développement conséquent des énergies renouvelables et sur une meilleure efficacité dans l’utilisation de l’énergie pour en réduire les besoins.

Des évolutions stratégique et économique

La France est actuellement dans une situation d’indépendance quasi complète pour sa production d’électricité. Elle deviendrait alors tributaire du marché international du gaz dominé par la Russie, l’Iran et le Qatar. Par ailleurs, le prix de l’électricité augmenterait certainement alors qu’il est aujourd’hui un tiers plus bas que la moyenne européenne.

Un défi environnemental

Le parc électrique actuel n’engendre pratiquement pas de gaz à effet de serre. Le recours aux énergies fossiles, même de façon transitoire, augmenterait le volume de CO2 et nuirait à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Une balance commerciale grevée

Les importations d’uranium coûtent chaque année 200 millions d’euros (Source : OPECST). Or, certains évaluent à 25 milliards d’euros les importations de gaz naturel nécessaires pour compenser l’arrêt du nucléaire. Les six milliards apportés chaque année par nos exportations d’équipements et d’électricité nucléaires disparaîtraient également.
 

Un recours inévitable aux énergies fossiles ?

L’association Négawatt a rendu public en 2011 un scénario permettant de sortir du nucléaire et de minimiser le recours au gaz naturel et les émissions de CO2. Il ajuste le rythme de l’abandon du nucléaire d’ici 2033 à une réduction des besoins énergétiques et au développement des énergies renouvelables. Celles-ci représenteraient en 2050 91 % de nos ressources énergétiques. Ce scénario suppose un stockage massif de l’électricité pour pallier la production intermittente… mais les techniques restent à développer.
 

 Vingt fois plus de déchets nucléaires à stocker

En sortant du nucléaire, on abandonnerait le traitement des combustibles irradiés, puisqu’un recyclage de 95 % des matières (uranium et plutonium) ne sera plus possible via les cœurs des réacteurs. On stockerait en déchets « haute activité – vie longue », non pas 5 % des déchets, mais la totalité des combustibles irradiés.

 

Publié le - Mis à jour le 16-02-2016

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