Une grande figure de l'Islam - SALAH AL-DIN AL-AYYOUBI / SALADIN

SALAH AL-DIN AL-AYYOUBI / SALADIN

Le Sultan chevalier,1138-1193

Saladin succède à son oncle Shîrkûh en 1169 et devient vizir du calife fatimide (chi’ite) du Caire. Envoyé en Egypte pour y rétablir le sunnisme, Saladin, qui est kurde, abolit le califat fatimide en 1171, et fonde des madrasas sunnites. Poursuivant son combat contre les Francs, il s’empare peu à peu des possessions zenguides, et fait une entrée triomphale à Damas en novembre 1174.

Il peut alors réaliser son ambition : Réunifier la Syrie sous son autorité de souverain ayyoubide et sunnite pour se retourner contre les Francs. La chute d’Alep, puis de Mossoul consacre son titre de « al-malik al-nassir », (le roi victorieux), et lui donne les moyens de cette ambition. Il impose une guerre permanente aux Etats francs. Pour gérer ce grand empire, Saladin s’appuie sur son armée qu’il réorganise, sa famille, et sur un remarquable bureau de la chancellerie qui le maintient informé de tout ce qu’il se passe dans les provinces reculées comme dans les territoires des Francs.

Pigeons voyageurs, chameaux, nageurs (chargés d’argent et de courrier lors du siège d’Acre), permettent aux kâtib (scribe ; pluriel : kutâb) à son service d’envoyer des centaines de missives par semaine. Un véritable système de propagande est mis en place. Les espions sont également précieux : certains sont des Francs passés à l’ennemi. Sibylle, l’épouse du prince d’Antioche, l’informe des mouvements de l’armée chrétienne dans sa principauté.

En Egypte, il avait conservé de bonnes relations avec les commerçants italiens de Pise, mais il interdit aux commerçants chrétiens locaux de commercer en mer Rouge. En 1183, après un raid des Francs en mer Rouge sous la conduite de Renaud de Châtillon, sanguinaire impulsif, Saladin peut enfin déclarer le Djihâd. Ses forces, en 1185 sont considérables.

Les Républiques de Gênes et de Venise lui fournissent du bois pour sa flotte, et des armes. A Hattin, près de Tibériade, il écrase toute l’armée franque le 4 juillet 1187. Grand seigneur, il fait libérer Guy de Lusignan, roi de Jérusalem, et met le siège devant la ville sainte, qui tombe le 2 octobre 1187.

Le Saint Sépulcre est fermé, les mosquées réouvertes. Loin de rendre aux Francs leur massacre de 1099, Saladin paie lui-même le rachat de 8000 chrétiens, en fait libérer 10 000, et vend les autres comme esclaves. Seul Renaud de Châtillon paiera pour sa sauvagerie : Saladin se charge lui-même de lui trancher la tête devant les barons francs. Cette reprise de Jérusalem entraînera la 3ème croisade.

Publié le - Mis à jour le 05-01-2017

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