Personnages célèbres de la culture islamique

Awrangzîb (Inde, 1618-1707, r. 1658-1707)

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Page d’album avec l’empereur moghol Awrangzîb
lors d’une partie de chasse Inde moghole, début du XVIIIe

Inde moghole, vers 1707-1712
Gouache et or sur papier
© Nour Foundation.
Avec l'aimable autorisation de Khalili Family Trust
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Troisième fils de l’empereur moghol Shâh Jihân, Awrangzîb est nommé vice-roi du Deccan en 1636, fonction qu’il abandonne en 1644, probablement par peur de ne pas être choisi par son père pour la succession au trône. Il accepte cependant d’être gouverneur du Gujarat en 1646, puis de Multân (1648). Awrangzîb établit dès lors sa réputation d’administrateur et de général, malgré ses défaites face aux Persans, lors des sièges de Kandahar (1649 et 1651). En 1657, Shâh Jihân tombe malade. La guerre de succession (1658-1659) entre les quatre fils de Shâh Jihân s’achève sur la victoire d’Awrangzîb, qui célèbre son couronnement le 5 juin 1659, après avoir fait exécuter ses frères. Au long de son règne, il doit faire face à de nombreuses guerres qui ravagent son royaume, conduisant peu à peu à l’affaiblissement de l’empire moghol. Awrangzîb est réputé pour être rigoriste, méfiant et conservateur, et avoir régné selon les préceptes les plus stricts de l’Islam. L’interdiction de professer le culte hindou qu’il décide d’établir en 1669 provoque de grandes révoltes, tout comme la réintroduction de la jizia, un impôt prélevé seulement sur les non-musulmans. Il s’est montré également d’une sévérité extrême à l’encontre de toute représentation figurée. Awrangzîb meurt en 1707, à l’âge avancé de 89 ans. Il est le dernier des grands moghols.

Awrangzîb était un contemporain de Louis XIV (1638-1715, r. 1643-1715).
 

Baybars Ier (Égypte-Syrie, né vers 1223 ; r. 1260-1277)

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Épée avec le nom et le blason du sultan mamlûk Baybars Ier
Égypte, vers 1270 (lame) ; Turquie ottomane, vers 1520 (décor additionnel)
Acier damassé, incrustations d’or et décor damasquiné
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Baybars aurait d’abord été l’esclave du sultan ayyûbide al-Mâlik al-Sâlih, qu’il accompagne en prison en 1239 et quelques mois plus tard, il combat en Syrie pour le compte du sultan d’Égypte. Il devient un soldat aguerri et multiplie les faits d’armes. Accompagné d’un groupe d’officiers, il fait assassiner son prédécesseur, le sultan Kutuz. Baybars devient alors en 1260 le quatrième sultan de la dynastie mamlûke (1250-1517), un terme qui veut dire « esclave ». Il marque le début de son règne par la consolidation des citadelles qui avaient été dévastées par les invasions mongoles, le remaniement des arsenaux, la construction de vaisseaux de guerre et de transport… Au début de l’année 1265 il part à la tête de son armée lancer une grande offensive contre les Francs, qui ne s’achèvera qu’en 1271. Les pertes territoriales pour les Croisés sont considérables à la mort de Baybars Ier en 1277. Il va poursuivre l’expulsion progressive des Croisés en Palestine.

Baybars Ier était un contemporain de Louis IX, « Saint Louis » (r. 1226-1270).
 

Ibn al-‘Arabî (1165-1240)

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Dîwân d’Ibn al-‘Arabî
Probablement de Damas, avant le 13 du mois de dhû l-hijja 634 H / 7 août 1237
Encre sur papier, écriture maghribî, 20 lignes par pages
© Nour Foundation. Avec l'aimable autorisation de Khalili Family Trust
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Cet auteur, grand mystique, naît à Murcie (Espagne), dans une famille qui compte plusieurs adeptes au soufisme. A l’âge de huit ans, il suit son père à Séville et débute alors son éducation. Alors qu’il était malade, il aurait eu une vision qui bouleverse sa vie et développe son inclinaison religieuse. Grand voyageur, il va de ville en ville, en Espagne d’abord, puis à Tunis, au Caire, à Jérusalem ; il entreprend ensuite le pèlerinage à La Mecque, où il reste deux ans. Il mène une vie calme de lecture et d’enseignement et compose de nombreux ouvrages qui exerceront une grande influence. Il conseille ainsi sur les questions religieuses le souverain des Seljuqides de Rûm, Kay Kâ’ûs Ier (r. 1210-1219) lorsque Ibn al-‘Arabî s’était établi en Anatolie, où ses idées eurent beaucoup d’influence.

Ibn al-‘Arabî était un contemporain de Philippe Auguste, roi de France (r. 1180-1223) et de Chrétien de Troyes (v. 1135 - v. 1190).
 

Ibn Sînâ, connu en Occident sous le nom d’Avicenne (980-1037)

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Sharh Qânûn Ibn Sînâ De Qutb al-Dîn Mahmûd Shîrâzî
Nord-ouest de l’Iran, début du XIVe siècle
Encre, gouache et or sur papier,
écriture naskhî, 25 lignes par page
© Nour Foundation.
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Né près de Bukhara, en Asie mineure, Ibn Sînâ développe dès son plus jeune âge des facultés exceptionnelles : à quatorze ans, il dépasse déjà ses maîtres en sciences naturelles et en médecine. Il écrit son premier ouvrage de philosophie à vingt et un ans. Il est le médecin et le conseiller politique des plus grands princes de son temps et exerce à plusieurs reprises la fonction de ministre. Les princes voulant l’attacher à leur service, il dut se cacher et vivre de ses consultations médicales, avant de pouvoir vivre, dans une paix relative, pendant quatorze ans à la cour d’Isfahan, avant de mourir à Hamadân en 1037. Le Qânûn (« Le Canon »), somme des savoirs médicaux à l’époque d’Avicenne, est considéré comme l’une de ses œuvres majeures ; il allait servir de base, pendant plus de sept siècles, à l’enseignement et la pratique médicale, dans le monde arabe puis dans le monde occidental.
 

Fath ‘Alî Shâh (Iran, 1771-1834 ; r. 1797-1834)

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Portrait miniature du souverain qâjâr Fath‘Alî Shâh
Signé par Ghulâm Khânazâd Baqir

Iran, début du XIXe siècle
Feuille d’or, émaux opaques et translucides
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Né sous le nom de Bâbâ Khan, il gouverne plusieurs provinces comme le Fârs et le Kermân (Iran), avant d’être désigné héritier du trône perse en 1796 par son oncle Aqa Muhammad Khan, qui sera assassiné en 1797. Cette même année, il monte sur le trône en prenant le nom de Fath ‘Alî et devient ainsi le deuxième souverain de la dynastie qâjâre. Au cours de son règne de plus de 38 ans, marqué par les nombreuses guerres, notamment avec la Russie, Fath ‘Alî Shâh a noué d’importantes relations avec l’Europe, et plus particulièrement avec la Grande-Bretagne. Ainsi, la réforme de l’armée perse fut d’abord conseillée par des officiers français, puis britanniques. Fath ‘Alî Shâh est réputé pour avoir gouverné de manière arbitraire et autocratique, tout en instaurant un rituel de cour pompeux et solennel.

Fath ‘Alî Shâh était un contemporain de Napoléon Bonaparte (1769-1821).
 

Rashîd al-Dîn (v. 1247-1318)

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« L’empereur Xuandi de la dynastie des Liang postérieurs »,
Illustration du Jâmi‘ al-tawârikh
(« Le Compilateur de l’Histoire ») de Rashîd al-Dîn

Iran, Tabriz, daté 714 H / 1314-1315
Encre, or, argent, aquarelle et gouache sur papier
© Nour Foundation.
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Cet homme d’Etat persan, considéré comme le plus grand historien de la période il-khanide, naît dans une famille juive d’Hamadhân. Il reçoit une formation de médecin et intègre alors la cour mongole sous cette fonction. D’origine juive, il se convertit à l’islam dans les années 1270 et il n’eut de cesse toute sa vie de prouver sa foi musulmane, notamment par la rédaction d’écrits théologiques. Malgré une longue carrière dans les hautes sphères politiques, il ne fut pourtant jamais nommé ministre à part entière. Rashîd al-Dîn est particulièrement connu pour son travail d’historien, notamment avec son « Histoire universelle » (Jami ‘al-Tawârîkh), ouvrage commandé par le souverain mongol Ghazan (r. 1295-1304). Composé en cinq parties, l’Histoire universelle relate notamment l’histoire des Mongols, mais aussi des Juifs, des Francs, des Chinois et des Arabes… Accusé d’avoir empoisonné le souverain Öljeytü, il est exécuté en 1318 avec son fils Ibrâhîm.
 

Shâh Tahmâsp Ier (Iran, 1514-1576 ; r. 1524-1576)

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Sceau de Shâh Tahmâsp Ier
Iran, Qazvin, daté 963 H / 1555-1556
Cristal de roche gravé à la roue
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Second souverain de la dynastie des Safavides et fils aîné de Shâh Ismâ‘îl, il accède au trône en 1524, âgé d’à peine dix ans. Il doit donc se soumettre à l’influence des Qïzïl-bash, des nomades turcs ralliés aux Safavides. C’est dans un contexte marqué par les révoltes et les batailles que débute son règne : chiites, les Safavides doivent faire face aux attaques de leurs voisins sunnites, comme les Ottomans et les Turkmènes. Son règne de plus de 52 ans, durant lequel il a réussi à maintenir un royaume fragile, s’achève avec les incursions des Uzbeks, par une famine et la peste. Sa cour favorise un grand développement artistique, notamment grâce à son mécénat. Il meurt empoisonné en 1576.

Shâh Tahmâsp Ier était un contemporain de Charles Quint (r. 1516-1555).
 

al-Ma’mûn (786-833)

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Tête couronnée
Asie centrale, VIIIe ou IXe siècle
Calcaire sculpté et peint
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Septième calife de la dynastie abbâside, il naît le 14 septembre 786, « la nuit des trois califes », puisque ce jour est marqué par la mort du calife al-Hâdî, l’avènement de son successeur Harun al-Rashîd et la naissance de celui qui allait devenir al-Ma’mûn. En 799, il est proclamé second héritier après Amin, par son père, Harun al-Rashîd. Quand son père meurt en 809, c’est donc Amin qui prend le pouvoir et déclare son fils successeur. Une conflit éclate alors entre al-Ma’mûn et Amin, qui est assassiné. Al-Ma’mûn prend ainsi le pouvoir en 813. Al-Ma’mûn a été un grand mécène, notamment envers les savants et les poètes. Il encouragea par exemple l’étude du grec et de la philosophie. Des bibliothèques, véritables centres d’études et sa fameuse « maison de la Sagesse » (bayt al-Hikma) regroupant à Bagdad les meilleurs scientifique de l’époque furent fondées. Il meurt près de Tarse en 833, laissant un testament recommandant la poursuite de son œuvre politico-religieuse.

Charlemagne (v. 742-814 ; r.771-814) était un contemporain d’al-Ma’mûn.

© francetv éducation / Institut du monde Arabe – Crédits

 

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Publié le - Mis à jour le 05-01-2017

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