Cocteau et les deux guerres en résonance

Jean Cocteau a dû affronter les deux guerres mondiales. S’il s’est engagé volontairement lors du premier conflit mondial, son attitude passive pendant l’Occupation lui est reprochée.

La Guerre de 1914 – 1918

Réformé à cause de sa fragilité, Jean Cocteau veut néanmoins participer d’une manière ou d’une autre à cette guerre. En 1914, il devient infirmier dans un convoi sanitaire de la Croix-Rouge. Puis, en 1916, il est affecté sur le front au sein d’une équipe de secours aux blessés. Ces expériences le confrontent aux horreurs de la guerre qu’il va restituer dans Thomas l’Imposteur  et Le Potomak.

Durant cette période, il fait un baptême de l’air acrobatique en compagnie de Roland Garros, qui devient son ami et qu’il accompagne ensuite en reconnaissance au-dessus des lignes ennemies. Il lui dédie son œuvre poétique Le Cap de Bonne-Espérance.  

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Couverture de Le Mot, 3 avril 1914, par Jean Cocteau (lithographie couleur). photo © Private collection / The Stapleton collection / The Bridgeman art library. Jean Cocteau © Adagp, Paris 2013 « avec l'aimable autorisation de M. Pierre Bergé, président du comité Jean Cocteau ». cliquer pour agrandir l'image.

La Deuxième Guerre mondiale

Cocteau reste à Paris pendant l’Occupation, en compagnie de Jean Marais démobilisé. Comme bon nombre d’artistes, il continue à proposer ses œuvres au théâtre et au cinéma. Il n’adhère en rien aux doctrines de la puissance occupante mais ne cherche pas non plus à lui résister. Il fait même appel parfois à quelques intermédiaires collaborationnistes pour faire jouer ses pièces.

Cocteaumet ainsi en scèneLes Monstres sacrés, Le Bel Indifférent avec Edith Piaf, Les ParentsTerribles, La Machine à écrire, fait de Jean Marais une vedette dans L’Éternel Retour… Cocteau et Marais deviennent la cible du Parti Populaire Français et des critiques collaborationnistes, tels que Brasillach, Rebatet, Laubreaux (Je suis partout), essentiellement pour leur homosexualité ; ce dernier se fait « casser la figure » un soir par Jean Marais.

Si Cocteau se protège, il signe néanmoins dès mai 1940, une pétition de la Ligue internationale contre l’antisémitisme, est tabassé par des membres de la Légion des volontaires français pour avoir refusé de saluer leur drapeau. Il  remue aussi ciel et terre  pour sauver Jean Genet de la prison et Max Jacob de Drancy. Mais son , sculpteur du IIIe Reich, publié en mai 1942 noircira longtemps son image. A cause de cela, Cocteau passe devant les Comités d’épuration en 1944, il est blanchi grâce au soutien d’Aragon et Eluard.

Publié le - Mis à jour le 26-04-2019

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