Juan Gris

Juan Gris (1887–1927), né à Madrid en Espagne, abandonne à 17 ans ses études d'ingénieur pour se consacrer à l'apprentissage de la peinture. En 1906, il part pour Paris et s'installe dans la cité d'artistes Le Bateau-Lavoir où il devient l’ami de Picasso, Max Jacob, des poètes Reverdy et Apollinaire.

Il assiste ainsi à la naissance et à l'éclosion du cubisme ; il s’exerce au renversement des plans et à la variation des angles. Son portrait de Picasso, en 1912, est l'une des premières peintures cubistes réalisées par un autre peintre que Picasso et Braque.

Bien que considéré comme cubiste orthodoxe, il préserve toujours sa propre personnalité au cœur du mouvement. Dès l'époque analytique, sa peinture se distingue par un emploi différent de la couleur et par une construction plus affirmée de ses œuvres. A partir de 1913, il ose même les couleurs franches et contrastées (Fumeur, Torero,Trois Cartes). L’été de cette même année à Ceret avec Picasso, il poursuit une recherche intense quant à l’évolution du cubisme qui aboutit aux « papiers collés », dont Nature morte au livre, à la pipe et aux verres (1915).

Pendant la guerre de 1914, sa situation devient précaire car le marchand d’art Kahnweiler s'est réfugié en Suisse. Il produit alors beaucoup de toiles qu’il vend à Léonce Rosenberg et se retire en Touraine, région natale de sa femme. Le retour de Kahnweiler lui permet de reprendre une vie normale mais il tombe malade. Il meurt à l’âge de 40 ans, quelques années après avoir donné une  conférence sur « les possibilités de la peinture », à la Sorbonne, où il développe ses théories esthétiques.

Pour Salvador Dali, « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite ».

Le violon - 1916

Juan Gris assume un style cubiste personnel et s’impose dans la métamorphose du cubisme synthétique au sein duquel il joue un rôle important. Sa production des années 1916 à 1919 est considérée comme le sommet de son œuvre. Comme le démontre le tableau intitulé LeViolon, il n’hésite pas à revenir à l’objet tout en le personnalisant et le stylisant. Une impression de dynamisme se dégage du tableau, obtenu par une composition marquée de découpages, de superpositions, de plans rabattus, et d’objets fragmentés.

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Le Violon, Juan Gris, huile sur bois (116,5 x 73 cm), 1916. photo © Kunstmuseum, Basel, Switzerland / Giraudon / The Bridgeman Art Library cliquer pour agrandir l'image.

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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