Dalí, à la pointe des innovations formelles

Toute sa vie, Dalí prendra les modes de son temps à contre-pied. Dès 1928, après avoir admiré l’architecture de Le Corbusier, il prône un retour à l’Art nouveau et loue Gaudi, l’inventeur du modernisme catalan.

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Tête raphaëlesque éclatée, peinture de Salvador Dalí, 1951, collection privée © Aisa/Leemage
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2012.
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Après avoir donné un souffle nouveau au surréalisme par la méthode paranoïaque-critique en 1940, il appelle dans sa peinture à un retour aux maîtres anciens, en opposition à l’art moderne, puis, passionné par son époque et par les découvertes scientifiques contemporaines (A.D.N, Bombe Atomique), il cherche à les intégrer à son œuvre par une nouvelle esthétique de la fragmentation nucléaire. Témoin, sa peinture « atomique », La Tête raphaëlesque éclatée (1951). La notion de troisième dimension le fait travailler sur des œuvres en relief ; il réalise une série d’œuvres stéréoscopiques et s’intéresse aux hologrammes.
Adepte passionné de la caméra et de la photo, il exécute ses toiles comme s’il s’agissait de photographies en couleur peintes à la main mais pour des sujets non réalistes. Il développe de nouvelles techniques tant pour la gravure que pour les encres et invente le « boultisme », peinture à l’arquebuse par éclaboussures.

L’« american way of life » et l’imagerie populaire qui en découle l’inspirent ; dès 1943, il peindra une bouteille de Coca-Cola sur la toile Poésie d’Amérique, alors que les tigres de l’affiche du cirque Barnum se retrouveront dans Le Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade une seconde avant l’éveil (1944), ouvrant ainsi une voie au Pop Art.

L’utilisation de nouveaux supports et de la sérigraphie, le détournement de chefs-d’œuvre classiques (Venus de Milo à tiroirs, Rhinocéros de Dürer), mais aussi ses interventions publiques ou médiatiques relevant de la performance, anticipent bon nombre de caractéristiques de l’art contemporain. La maison-musée de Portlligat et le théâtre-musée Dalí à Figueres, la décoration de Púbol, créations architecturales kitsch qui plongent les visiteurs dans le délire surréaliste de l’artiste, ont inspiré la pratique des « installations » si courante chez les plasticiens actuels.

Andy Warhol a salué tout ce que le Pop Art et l’Op Art devait à Dalí. On retrouve bien des connotations daliniennes chez Roy Lichtenstein ou chez les Nouveaux Réalistes. En son hommage, lors de son exposition au château de Versailles de 2008, Jeff Koons, roi du pop kitsch et admirateur de son œuvre, accrocha au plafond du salon de Mars une imposante langouste en aluminium rouge affublée des célèbres moustaches de Dalí.

Crédits du bandeau

La Persistance de la mémoire (Montres molles), peinture (huile sur toile) de Salvador Dali (détail), 1931, Museum of Modern Art (MOMA) - New York ©Luisa Ricciarini/Leemage © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dali / ADAGP, Paris 2012

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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